Paris : Histoire des Catacombes de Paris - XIVe arr


Les Catacombes de Paris empruntent leur nom aux nécropoles souterraines de la Rome Antique sans pour autant avoir jamais été un lieu d'inhumation. Ouvertes au public depuis 1809, elles font aujourd'hui partie des lieux touristiques les plus prisés et les plus fréquentés. 600 000 visiteurs par an se pressent à travers leurs galeries, parmi lesquels seulement 5% de Parisiens et une majorité de touristes américains. En 2002, le site est rattaché au Musée Carnavalet Histoire de Paris, désormais en charge de la valorisation de cet ossuaire à l'histoire singulière. 








Dès le Ier siècle après JC, les Romains exploitent des carrières à ciel ouvert de pierre à bâtir afin de construire Lutèce. À partir du XIIe siècle, avec une intensification autour du XIVe, les carrières souterraines, percées à 20 mètres sous terre sous Paris, approvisionnent les chantiers de construction en pierre calcaire et gypse, matériau nécessaire à la formulation du plâtre. Le réseau de galeries souterraines prend une ampleur inédite. Les Parisiens édifient leur ville en excavant les sous-sols. Les mines du lieu-dit de la Tombe-Issoire, à l'instar de la Carrière du chemin de Port-Mahon, sont désaffectées progressivement à partir du XVIIe siècle. Tout Paris se construit sur des sous-sols fragilisés, altérés par ce réseau de mines et galeries souterraines qui couvre près de 800 hectares. 

En 1774, un effondrement important sur près de 300mètres de chaussée rue Denfert Rochereau. Le 15 septembre 1776, un décret royal interdit le creusement pour extraction des sous-sols sur la voie publique. Le 4 avril 1777, l'Inspection générale des Carrières est créée afin de surveiller, consolider les anciennes carrières. L'architecte Charles Axel Guillaumot (1730-1801), nommé inspecteur général des carrières, va sauver Paris de l'effondrement général. Il mène une mission de sauvegarde, de cartographie des sous-sols et de consolidation. 

Dès le milieu du XVIIIe siècle, la saturation des cimetières paroissiaux intra-muros engendre, à Paris, une crise de salubrité publique. La déclaration royale du 10 mars 1776 interdit l'inhumation dans les églises et recommande le transfert des lieux d'inhumation hors des villes. À Paris centre, à la suite de divers incidents, notamment l'effondrement d'un mur dans les sous-sols d'un commerce où se déverse un véritable charnier, le cimetière des Innocents, le plus vaste de la capitale, est fermé en 1780. Il sera vidé à partir de 1786. 








Le 9 novembre 1785, l'inspecteur général des carrières Charles Axel Guillaumot dépose une proposition susceptible de résoudre le problème. Il suggère de transférer les "restes secs", c'est à dire les ossements, vers les anciennes carrières désaffectées du Sud de Paris, au-delà des limites de la ville. Les carrières réhabilitées de la Tombe-Issoire, dans la plaine de Montrouge, sont bénies et consacrées officiellement le 7 avril 1786, date à laquelle elles deviennent "L'Ossuaire municipal de Paris". 

Les restes de six millions de défunts parisiens, trépassés entre le Xe et le XVIIIe siècles, provenant de 150 cimetières sont transférés à l'occasion de différentes campagnes, processions discrètes en pleine nuit. Entre 1787 et 1814, les grandes nécropoles désaffectées sont progressivement vidées, à l'instar des cimetières de Saint Eustache, Saint Nicolas des Champs ou encore du couvent des Bernardins. Les ossements descendent dans les profondeurs des anciennes carrières par les anciens puits de service. Les ouvriers carriers aménagent les espaces, répartissent les ossements et les entassent dans les galeries.

À partir de 1840, les vastes chantiers d'urbanisme menés sous la Monarchie de Juillet mettent à jour d'anciens charniers. Les transferts reprennent. Dès 1859, le Second Empire, la modernisation de Paris et les grands travaux menés sous la direction du baron Haussmann intensifient l'afflux.  







Le site des Catacombes, ouvert au public sur rendez-vous, en 1809, remporte un grand succès et attire les foules. Succès dont témoigne le registre laissé à la fin du parcours, livre d'or signé par de nombreuses personnalités et des visiteurs enthousiastes. 

Nommé inspecteur général des carrières le 31 décembre 1810, Louis-Étienne François Héricart de Thury (1774-1854), ingénieur des mines, s'en voit confier l'aménagement.
Il poursuit l'œuvre de Charles Axel Guillaumot jusqu’en 1830, travaux de consolidation des souterrains, équipement et décor. 

Rattachées en 2002 au Musée Carnavalet Histoire de Paris, les Catacombes de Paris se dotent en 2017, d'une nouvelle sortie et d'une librairie-boutique, puis en 2019, d'une nouvelle sortie et d'un espace de médiation au sein du pavillon Ledoux restauré. Le site ferme durant 5 mois entre novembre 2025 et avril 2026, à l'occasion d'un chantier de modernisation des infrastructures, aspects techniques et scénographie.

Catacombes de Paris
1 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy - Paris 14
Horaires : Du mardi au dimanche de 9h45 à 20h30
Tarifs : Plein tarif 31 euros (audioguide inclus) / Tarif réduit 25 euros (audioguide inclus) / Tarif 8-17 ans 15 euros (audioguide inclus) / Tarif moins de 8 ans entrée libre et gratuite 
Métro Denfert Rochereau lignes 4, 6



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.