L'Église Notre-Dame de Chatou, la plus ancienne de la commune des Yvelines, est inscrite à l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 6 juillet 1925. En bordure de Seine, à l'entrée du pont de Chatou, elle marque le coeur de l'ancien village devenu ville au riche patrimoine architectural et culturel. Son esthétique composite témoigne d'une édification par campagnes successives, depuis l'église originelle du XIIe siècle, l'agrandissement au XVIIe siècle, la reconstruction partielle au XIXe siècle, et enfin une restauration importante au début des années 2020.
Le village de Chatou se développe autour d'un sanctuaire mérovingien du VIe siècle. Au XIe siècle, il est remplacé par une église de bois laquelle disparait ruinée lors d'un raid normand. Au XIIe siècle, un nouveau lieu de culte voit le jour, une église de style roman au clocher caractéristique. Le chevet plat date du XIIIe siècle.
En 1622, la nef et la façade orientale sont reconstruites. Les dons de Thomas Le Pileur, conseiller notaire et secrétaire du roi, contrôleur de l'audience de Paris, seigneur et châtelain de Bailly, Serris, Chatou, Magny-le-Hongre et Vères en partie, financent le portail. L'architecte L. Dreux établit une sacristie en 1734.
La déclaration royale du 10 mars 1776 interdit, pour des raisons de salubrité publique, l'inhumation dans les églises et recommande le transfert des lieux d'inhumation hors des villes. Le cimetière communal de Chatou est déplacé en 1783.
En janvier 1871, à la fin de la guerre franco-prussienne, un bombardement endommage l'église Notre Dame de Chatou. L'architecte diocésain Paul Abadie (1812-1884) est mandaté pour reconstruire l'édifice en péril. Il conçoit une nouvelle nef délimitée par des piliers cannelés et ajoute une flèche au clocher. En 1880, l'architecte municipal Eugène Bardon (1843-1901) intervient sur la façade orientale et son porche. Il s'inspire de l'église parisienne Saint-Germain-l'Auxerrois pour les reconstruire. À cette occasion une travée supplémentaire est ajoutée à la nef.
À la fin des années 2000, la ville de Chatou finance une restauration d'envergure. Le chantier débute en 2009 pour s'achever en 2010 sous la direction de l'architecte Matthieu Joulié.
L'architecture hybride de Notre-Dame de Chatou évoque l'histoire de la ville. Les matériaux du gros-oeuvres sont caractéristiques de la région francilienne, calcaire, pierre de taille, moellon sans chaîne en pierre de taille meulière, enduit. Une flèche du XIXe siècle surmonte le clocher roman du XIIe. Situé en contrebas, le choeur à chevet plat, marque le niveau de l'église originelle. À l'intérieur, des piliers cannelés séparent la courte nef des bas-côtés percés de vitraux. L'église conserve une remarquable statue de Vierge à l'Enfant, Notre Dame du Salut, en bois de noyer ciré, datée du milieu du XIVe siècle, attribuée aux Ateliers d'Ile-de-France et classée à l'inventaire des Monuments historiques en 1905 avant l'église elle-même. Il s'y trouve également une statue récente de Jean-Paul II, oeuvre de Bronislaw Krzysztof réalisée en 2010.
Deux tableaux méritent l'attention, une copie de "La Cène" (1652) de Philippe de Champaigne (1602-1674), dont l'original est conservé au Louvre, copie réalisée par Isidore Dumont en 1878, et une "Jeanne d'Arc écoutant ses voix" (1876) signée Eugène Thirion. Les vitraux datent du XIXe siècle, à l'exemption des quatre pièces abstraites de la façade Sud, réalisées par le maître-verrier Emmanuel Chauche en 1984. Derrière l'autel, quatre panneaux de chêne sculpté évoquent les quatre évangélistes, un bas-relief en marbre du XIXe siècle, de Laurent-Séverin Grandfils, représente le Christ gisant.
L'orgue remarquable, commande de la paroisse en 1877, réalisé par le facteur John Abbey, a été présenté à l'Exposition universelle de 1878 avant son installation au sein de l'église en 1879. Il a fait l'objet d'une restauration et d'un agrandissement par Jean-Daniel Ayer en 2001-2002.
Église Notre-Dame de Chatou
4 place Sainte-Marie - 78400 Chatou
RER A Reuil-Malmaison ou Chatou-Croissy
Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.


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