Paris : Rue Foyatier, les escaliers les plus photographiés de Montmartre - XVIIIe arr

 

La rue Foyatier à Montmartre n'a de rue que le nom. Succession d'escaliers, elle court entre le funiculaire et une série d'immeuble de 1920, des rues Tardieu et André-Barsacq jusqu’aux rues Saint-Éleuthère et du Cardinal-Dubois. Les neuf volées, entre 22 et 25 marches chacune, équivalent à douze étages, sur un dénivelé de 36 mètres et une pente à la déclivité importante - 35%. De délicats réverbères à l'ancienne scandent la rue Foyatier, longue de 118 mètres, large de 12, accentuant son aspect nostalgique. Un décret du 11 août 1867 ouvre la voie. Dénomination plus tardive, elle ne prend le nom de rue Foyatier que le 10 février 1875, en hommage au sculpteur académique Denys Foyatier (1793-1863). La portion entre les rues Tardieu et André-Barsacq, devient place Suzanne Valadon par arrêté préfectoral du 25 avril 1961. 







Immortalisée par Brassaï en 1936, la rue Foyatier se distingue par sa photogénie. Elle inspire les visiteurs, au point d'être aujourd'hui l'une des rues les plus photographiée de la Butte. Décor du long-métrage "Les Ripoux" (1984) de Claude Zidi, elle apparaît également dans le film d'animation "Un monstre à Paris" (2011) de Bibo Bergeron. L'Ouest de cette voie sans riverains résidents est bordée de façades d'immeubles des années 1920 dont les accès d'entrée se trouvent sur les rues perpendiculaires.  

À l'Est, se trouve le funiculaire installé en 1900 afin de faciliter le parcours des visiteurs de la basilique du Sacré-Cœur. L'infrastructure hydraulique originelle utilise un mécanisme de contre-poids d'eau qui permet d'animer deux wagons et hisser 48 passagers jusqu'au Sacré-Cœur. Le funiculaire actuel de 1991 a vu son activité suspendue entre 2006 et 2008 à la suite d'un incident survenu lors d'une phase de test des nouvelles infrastructures, un accident de freinage.







Le numéro 1 de la rue Foyatier, numéro unique, est l'adresse de l'école élémentaire Suzanne Valadon, dont l'entrée se trouve place Suzanne Valadon. Le bâtiment a été construit en 1878-1880 sur les plans de l'architecte Léon Salleron (1820-1904).

Tout en haut de la rue Foyatier, un bâtiment, vestige d'une annexe du pavillon turc de l'Exposition universelle de 1900, abritait le Panorama de Jérusalem. Au lendemain de l'évènement, il est investi par un premier restaurant "Au repos de Béthanie", puis le "Montmartre Bellevue". 

Éditeur, imprimeur et graveur, Roger Lacourière (1892-1966) créé, en 1923, les Éditions de la Roseraie, maison qui publie des beaux livres. Il fonde, en 1929, un atelier de gravure spécialiste de l'impression en taille douce et s'installe au sein de ce curieux pavillon sur la rue Foyatier. Les plus grands artistes de la Butte Montmartre fréquentent l'atelier, Henri Matisse, Salvador Dali, Joan Miró, Pablo Picasso, Georges Braque. Rejoint en 1938 par le maître imprimeur Jacques Frélaut, Lacourière lui transmet l'établissement en 1957. L'atelier Lacourière-Frélaut travaille avec les contemporains, Pierre Soulages, Alexander Calder, Zao Wou-Ki, Pierre Skira. Il ferme ses portes en 2008. Aujourd'hui, l'édicule accueille une halte-garderie, un café et un espace évènementiel. 







Les escaliers de la rue Foyatier, propices à l'exercice physique, donnent des idées aux sportifs qui s'y entraînent avec entrain pour l'Urban trail de la Fondation du souffle ou l'Ultra trail de Montmartre, qui consiste à effectuer 271 allers retours.

Rue Foyatier Paris 18
Métro Anvers ligne 2 / Abbesses ligne 12 / Lamarck-Caulaincourt ligne 12




Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.