Cinéma : Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse, de Michel Ocelot - Avec les voix de Oscar Lesage, Claire de La Rüe du Can, Aïssa Maïga

 

Sur un chantier contemporain, une conteuse invente au gré des indications données par la foule trois contes merveilleux. Il y a trois mille ans, la souveraine du Soudan promet la main de sa fille au Pharaon d’Egypte. Un jeune homme amoureux de la princesse décide de devenir lui-même Pharaon grâce à l’intervention des Dieux afin conquérir le cœur de sa belle. Au Moyen-Âge, en Auvergne, un cruel seigneur fait régner la terreur sur ses terres, soumettant les paysans à des impôts injustes. Son fils, jeune garçon rêveur, amoureux des livres, prend la défense d’un malheureux enfermé dans les geôles du château. Lorsque la colère paternelle se déchaîne contre lui, il devient le Sauvage, un justicier perché dans les arbres qui vole les riches pour donner aux pauvres. Au XVIIIème siècle, dans une ville prospère de l’Empire Ottoman, la fille du vizir, la princesse des roses, se délecte chaque jour des beignets délivrés au palais. Lorsqu’elle demande à rencontrer le jeune pâtissier dans le plus grand des secrets, ils tombent amoureux à la grande fureur du vizir.







Triptyque enchanteur qui alterne époques, lieux et cultures, « Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse » déploie les charmes de trois fables humanistes saisissantes de beauté et de poésie. Michel Ocelot, le créateur de « Kirikou et la sorcière » et « Dilili à Paris »  laisse vagabonder un imaginaire foisonnant pour cette incursion dans le merveilleux. La collection possède l’attrait imparable des contes de fée, l’élégance des fables morales. Romantiques et romanesques, pas dépourvues d’un certain humour ces trois histoires de princes et princesses rebelles, de justiciers et de tyrans, convoquent les souvenirs d’enfance et les plus belles expériences littéraires. Michel Ocelot s’est déjà illustré dans ce format court, propos condensé, variations subtiles, avec « Princes et Princesses » et « Contes de la Nuit ». 

La comédienne Aïssa Maïga prête sa merveilleuse voix timbrée à la conteuse de ces fables inédites. Révolte contre l’autorité, triomphe de l’amour et des sentiments nobles, les trois segments très différents, possèdent la cruauté des contes de fée, la joie d’une résolution heureuse. Michel Ocelot a su trouver un ton narratif à la fois universel et intemporel. « Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse », trois contes au sujet de jeunes gens promis à de grandes destinées reprend le thème classique des histoires d’amour contrariées par les conventions, par la société.




La beauté picturale, couleurs vives, foisonnement des motifs, ravit l’œil. Afin d’ajouter de la profondeur aux images en 2D du premier conte, les couches sont multipliées. Pour cette section en Egypte antique, Michel Ocelot a sollicité les bons conseils de Vincent Rondot directeur du département égyptien du Louvre. L’esthétique s’inspire des bas-reliefs et des fresques archéologiques pour évoquer la naissance légendaire de la dynastie des Pharaons noirs. Les scènes en ombres chinoises du deuxième segment évoquent la tradition de la lanterne magique très prisée dans les foires médiévales. Conte inédit des Mille et une nuits, associant amour et gastronomie, la troisième partie se déroule au coeur d’un Empire Ottoman fantasmé, aux accents orientalistes. Les images de synthèse posées sur les dessins en 2D lui confèrent une esthétique toute particulière, un ravissement visuel. La musique composée par Pascal Le Pennec colore avec maestria ce film d’une grande beauté, réjouissant pour les petits et les grands.

Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse, de Michel Ocelot
Avec les voix de Oscar Lesage, Claire de La Rüe du Can, Aïssa Maïga
Sortie le 19 octobre 2022