Paris : La Seine, une oeuvre de Gérard Choain - VIIIème

 


La Seine, sculpture allégorique signée Gérard Choain (1906-1988), a trouvé place sur un terre-plein herbeux à l’angle de l’avenue Montaigne et de la rue Jean Goujon. Distinguée par le Grand Prix des Beaux-Arts de la Ville de Paris en 1962, cette oeuvre en bronze personnifie le fleuve parisien sous les traits d’une nymphe aquatique, représentation anthropomorphique. La statue à la gloire du cours d’eau incarne la générosité fluviale en lui prêtant les traits d’une femme allongée, paisible, formes opulentes, posture classique. 






Gérard Choain, né à Lille le 12 novembre 1906, devient l’élève d’Aimé Blaise à l’Académie des Beaux-Arts de Lille entre 1922 et 1925. Il y fréquente Emile Morlaix, René Leleu, Lucien Fenaux et Gaston Watkin. Reçu aux Beaux-Arts de Paris, Gérard Choain intègre l’atelier de Paul Landowski. En 1937, il présente une Eve remarquée au Salon des artistes. La sculpture demeure son médium favori mais il s’exprime également par le dessin. Ses nombreuses sanguines expriment un lien de filiation esthétique avec Donatello et Dürer. Gérard Choain pratique le violoncelle en amateur.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, il refuse de se soumettre au STO, service du travail obligatoire instauré en 1943 par le régime de Vichy, réquisition de milliers de travailleurs français contre leur gré, afin de participer à l’effort de guerre en Allemagne, dans les usines, les exploitations agricoles, les chemins de fer. Il est interné dans un camp de réfractaires en Allemagne jusqu’en 1945. 

De retour en France, il produit de nombreuses œuvres d’art public, notamment des monuments hommage aux disparus de la guerre. Il réalise les monuments aux morts de Vincennes, de l'Aigle, de Thann, le Monument aux déportés des camps de concentration au cimetière du Père-Lachaise à Paris. A Colmar, il intervient sur le Monument à l'amiral Bruat d'Auguste Bartholdi, en proposant des allégories de pierre des quatre continents. En 1962 à Mauthausen, il imagine un monument dédié à la mémoire des Républicains espagnols morts en déportation puis un second à Wittelsheim. Il intervient dans des lieux de culte catholiques, sculpte un chemin de Croix pour l’église de Saint-Louis à Toulon, un saint Jean-Baptiste pour l’église de Belleville à Paris.





Le Musée d’art moderne compte plusieurs de ses œuvres dans les collections permanentes. De son vivant, trois sculptures intègrent le fonds du palais des Beaux-Arts de Lille. Gérard Choain expose à la galerie Vendôme, au salon d’automne, à l’école Polytechnique. Lauréat de l’Institut de France, la Ville de Paris lui confie la restauration des décors sculptés en façade du Palais de Justice, du Tribunal correctionnel, du Tribunal de Commerce. Chevalier de l’Ordre National du Mérite en 1967, il reçoit la légion d’Honneur en 1974. Gérard Choain décède le 6 avril 1988 à Paris. A la suite de la disparition de son épouse en 2016, la famille fait une donation d’une dizaine d’oeuvre au Palais des Beaux-Arts de Lille.

La Seine, de Gérard Choain
Place de la Reine Astrid - Paris 8