Ailleurs : Pont de la Bâtiaz à Martigny, dernier pont couvert carrossable du Valais - Suisse

 

Le Pont de la Bâtiaz, dernier pont de bois carrossable du Valais, date du XIXème siècle. Cet ouvrage ancien se distingue par une remarquable charpente en bois de mélèze caractéristique du savoir-faire régional. La structure enjambe la vive rivière Dranse, sujette aux crues. Cette dernière lui a valu quelques déconvenues au fil des siècles. Dans un paysage grandiose, le Grand Chavalard en arrière-plan, le Pont de la Bâtiaz jouit d’une belle situation à deux pas du centre-ville de Martigny, au pied des hauteurs où se dressent les vestiges de l’ancien château de la Bâtiaz et son imposante tour ronde. L’usage quotidien lui confère une charge symbolique qui dépasse le statut d’élément patrimonial folklorique. Valorisé par sa fonction active, le Pont de la Bâtiaz demeure très populaire auprès des locaux comme des touristes. Il est devenu l’un des emblèmes de la cité octodurienne.











Le pont de la Bâtiaz originel, dont le passage est soumis à péage, est signalé dès 1349 dans les chartes relatives aux "barrières". Cet ouvrage est emporté une première fois en 1635 par une crue de la Dranse. Relevé à chaque nouvel incident et inondation, il marque de son empreinte le paysage urbain de la ville de Martigny. 

Au début du XIXème siècle, l’avancement important du glacier Giétroz provoque l’apparition d’un lac, une retenue naturelle qui inquiète les habitants de la vallée. Dès 1817, une brèche dans le barrage de glace engendre un écoulement et des inondations modérées sans conséquences graves. Mais l’année suivante, le lac prend de l’ampleur. L’ingénieur cantonal Ignace Venetz intervient afin de trouver des solutions. Une tranchée creusée permet de drainer en partie le lac. Pourtant, la digue de glace affaiblie par l’érosion cède brusquement en juin 1818. Vingt millions de mètres cube d’eau se déversent dans la vallée, du val de Bagnes jusqu’à Martigny. La grande débâcle du glacier Giétroz provoque la mort d’une quarantaine de personnes, et des dégâts matériels considérables parmi lesquels la destruction des ponts. 

Il faut attendre 1829 pour que le pont de la Bâtiaz soit entièrement reconstruit. Le nouvel ouvrage couvert est aménagé avec des arches de mélèze, un bois réputé pour ses qualités exceptionnelles. Il traverse la Dranse de biais afin d’offrir plus de résistance. Le savoir-faire des anciens maîtres charpentiers se manifeste dans la solidité de cette structure. 









Consolidé une première fois en 1920, le Pont de la Bâtiaz n’est réellement rénové qu’en 1947. Les travaux doivent permettre de faire face à l’évolution des transports, l’augmentation des charges. Aux déformations liées au grand âge du pont s’ajoutent des problèmes structurels originaux, un arc central défectueux. Les toitures en piteux état nécessitent une reconstruction ainsi que les extrémités de l’ouvrage sensibles au pourrissement.  

Deux alternatives s’opposent alors, deux solutions pérennes à envisager : la destruction du vieux pont et la création d’une nouvelle structure en béton ou bien l’adaptation plus onéreuse du vénérable ouvrage aux contraintes contemporaines. Les communes de Martigny et de la Bâtiaz décident d’oeuvrer à la préservation de ce patrimoine. Les dispositions appropriées permettent de renforcer le Pont de la Bâtiaz afin qu’il puisse faire face à l’intensification du trafic et le poids croissant des convois. Pour la sécurité des piétons, deux passages sont créés. La toiture à deux pans rénovée, les extrémités du système porteur entièrement refaites. La construction de portiques accentue même l’esthétique du vieux pont

Pourtant, le Pont de la Bâtiaz va être la triste victime d’une certaine modernité en marche. En 1979 les édiles, malgré la vive opposition manifestée par l’Association du Vieux Martigny, future Patrimoines de Martigny, et son président de 1977 à 1979, Pascal Couchepin, entreprennent des travaux qui dénaturent le pont. Le tablier est bétonné puis goudronné.

Une nouvelle campagne plus respectueuse menée entre 2007/2008, restaure la structure dans un état proche de la tradition artisanale locale. Pour un budget global d’un million de francs suisses, les travaux de rénovation soigneux permettent de faire disparaître le revêtement anachronique de béton et de doter l’ouvrage d’un nouveau tablier en mélèze. Le pont est surélevé sur le lit de la rivière. Désormais, il a retrouvé son charme originel.

Pont de la Bâtiaz
1 chemin de la Chapelle - 1920 Martigny - Suisse


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