mercredi 9 octobre 2013

Paris : Les Poings d'Eau, 5 fontaines à boire créées par le plasticien Pascale Marthine Tayou - Boulevard Davout - XXème



Les Poings d'Eau, cinq sculptures fontaines installées en 2012, autour de la Porte de Montreuil,  le long du boulevard Davout, ont été imaginées par le plasticien camerounais Pascale Marthine Tayou. Ces créations inédites s’intègrent à l’environnement urbain lui apportant une touche esthétique moderne tout en remplissant une fonction de distribution d’eau potable. Elles sont le fruit d’une commande publique en partenariat avec Eau de Paris réalisée à la fois dans le cadre du parcours artistique suivant la ligne du nouveau tramway au fil des Maréchaux mais également en reprenant le projet de création de nouveaux modèles de fontaines à boire. On les trouve sur le boulevard Davout dans le XXème au croisement de la rue Saint-Blaise, rue des Réglises, square de la Gascogne, rue Charles et Robert et rue Paganni.






Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Charles et Robert - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Charles et Robert - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Charles et Robert - Paris 20




Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Paganni - Paris 20

Des cinq modèles différents réalisés en fonte peinte en gris, quatre représentent un groupe de personnages rassemblés en cercle étroit et le dernier est un poing fermé sur lequel cinq figurines sont perchées. Certains couvre-chefs ont été enduits d’une peinture blanche phosphorescente qui luit à la tombée de la nuit.

De grands cercles ouvragés influencés par l’esthétique des motifs végétaux et abstraits des batiks traditionnels forment la base des fontaines. Lorsque l’on appuie sur un bouton poussoir l’eau jaillit d’un poing tendu réplique à échelle de celui de l’artiste, qui s’échappe de la masse. Le poing dispensateur d’eau, source de vie, est également un symbole de révolte.

Les silhouettes humaines sont inspirées des poupées africaines modernes appelées  « les colons » qui symbolisent les figures du pouvoir, le médecin, le juge, les nouvelles élites africaines qui cherchant une forme de légitimité, de reconnaissance ont investi les codes vestimentaires des colonisateurs britanniques et français. Ces sculptures prennent alors la dimension satirique d’une certaine critique sociale. La quête identitaire de l’Afrique contemporaine mène à une hybridation, une mondialisation des références aux dépens de la culture locale.






Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Réglises - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Réglises - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Réglises - Paris 20

Pascale Marthine Tayou, artiste camourenais né en 1966 à Nkongsamba, vit et travaille en Belgique. Au tout début de sa pratique, il choisit d’ajouter un e, finale féminine, à ses deux prénoms d’origine Pascal Marthin. Il marque ainsi sa volonté de distanciation face à l’idée d’assignation du genre, faire voler en éclats toutes les formes de catégorisation. Dans le grand magma de la mondialisation, il s’agit pour lui de dépasser les limitations intellectuelles comme physiques. Il accède à la reconnaissance internationale dans les années 1990, grâce à des œuvres évoquant le Sida. Ses participations en 2002 à Documenta 11 de Cassel en Allemagne, puis à la Biennale de Venise en 2002 et 2009 confirment son statut d’artiste établi. 

« Créer, c’est se jeter dans le vide qui cerne les frontières de l’inconnu, c’est survoler l’enfer du décor qui mène au paradis, c’est célébrer l’effacement en rasant des murs truffés de lames de rasoir, c’est essayer de s’échapper du passé en accumulant les pages du futur éphémère. »







Les Poings d'Eau - Bd Davout - en face du Square de la Gascogne - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - en face du Square de la Gascogne - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - en face du Square de la Gascogne - Paris 20

Autodidacte, Tayou transgresse les frontières des pratiques artistiques développant un vocabulaire formel très personnel où se mêlent références culturelles classiques, pop art et socle africain. Sculpture, graffiti, dessin, vidéo, performance, installation, il explore sans relâche de nouveaux moyens d’expression. Le plasticien empoigne les symptômes de la déliquescence pour mettre en exergue les grands maux de notre société. Sa réflexion porte sur les problématiques postcoloniales, l’immigration, les espoirs déçus, l’intégration, l’économie mondiale. Inspiré par les rencontres, les hasards, il détourne et recycle les objets du quotidien mais aussi les déchets symboles de notre civilisation produisant des associations inattendues de références culturelles.

« Nous sommes dans un état de composition, de rencontres d’idées. Ma religion, si j’en ai une, serait que toutes les cultures devraient se briser afin de produire continuellement de nouvelles cultures, de nouvelles civilisations, de nouvelles approches, car en tant qu’êtres vivants, nous sommes des mutants. »






Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Saint-Blaise - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Saint-Blaise - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Saint-Blaise - Paris 20
Les Poings d'Eau - Bd Davout - croisement rue Saint-Blaise - Paris 20


A travers ses oeuvres, Pascale Marthine Tayou témoigne de l’état d’hybridation et d’acculturation de nos sociétés frappées par la mondialisation des références. Il met en perspective l’idée du village global et de la violence contemporaine, questionner les rapports dominants dominés, Nord Sud, créateur et spectateur, art et argent. Tayou cherche à conscientiser la dimension artificielle de l'œuvre d’art, construction culturelle, sociale et politique. En créant pour l’espace public, l’artiste provoque le regard par un foisonnement de signes entre deux mondes, soulignant avec force les enjeux de la globalisation.

Les poings d’eau - fontaines à boire du plasticien Pascale Marthine Tayou
Porte de Montreuil - le long du boulevard Davout - Paris 20
Croisement de la rue Saint-Blaise,
Croisement de la rue des Réglises,
Devant le square de la Gascogne,
Croisement de la rue Charles et Robert
Croisement de la rue Paganni

3 commentaires :

Anonyme a dit…

Originale comme fontaine, ça change :-)

The Girls On Fire a dit…

JE SUIS FAN ! VIVE L'AFRIQUE A PARIS !!
Mais ... mais ... pourquoi uniquement dans le 20ème , hein ??!! Pourquoi on aurait pas des sculptures africaines à Rivoli, Opéra, etc ? On a bien mis une pyramide en verre au Louvre !

Je suis sûre qu'une magnifique structure ou autre d'inspiration africaine en plein Les Halles, ça serait TOP !

ça fait quand même "ghetto" ce choix dans ce quartier, même si ça fait surement plaisir aux riverains du 20ème :)

Caroline a dit…

@ Zaromcha : je les trouve très intéressantes voire tout à fait jolies.

@ TGOF : Hum... Je ne sais pas trop. En fait, ça a été assez folklo d'aller prendre ces clichés. Je crains que les dits riverains n'apprécient pas trop en fait. Entre les 2 petits vieux qui m'ont apostrophée en me demandant si je trouvais belles ces horreurs et les trois franches agressions verbales de la part de personnes plus jeunes - avec plein de mots bien vulgaires et pour moi et pour les m... que j'étais en train de photographier - j'ai comme un doute sur le succès de ces fontaines. Ambiance.