samedi 28 juin 2014

Paris : Cheval Cabré, une sculpture de Camilo Otero - place Lucien Herr - Vème

Cheval cabré de Camilo Otero - 1980 - Place Lucien Herr - Paris 5


Aujourd’hui, je vous emmène dans le Vème arrondissement, place Lucien Herr, découvrir une insolite statue équestre datant de 1980 et sobrement intitulé Cheval Cabré. Il s’agit d’une œuvre du sculpteur figuratif espagnol également peintre et graveur, Camilo Otero. Frondeur, volontiers provocateur, sa voix s’est souvent élevée contre l’institutionnalisation de l’art, n’hésitant pas à reprendre parfois certaines de ses œuvres pour en disposer à sa guise comme la statue d’un taureau qui orna longtemps l’entrée du Musée d’Art Moderne de Madrid avant que le sculpteur ne décide de l’offrir à la famille Bose. Personnalité à la fois simple et flamboyante, cet anarchiste dans l’âme est autant connu pour ses coups de gueule que pour son œuvre. Celle-ci s’articule autour de la représentation animale, un bestiaire fantastique, mythologie ironique, auquel se mêlent des scènes du quotidien, hommage aux plus modestes comme le motif récurrent de la femme à la criée rappelant sa mère. Un travail créatif dense, empreint de sensualité et d’humour qui flirte avec l’univers de l’absurde.
 

Cheval cabré de Camilo Otero - 1980 - Place Lucien Herr - Paris 5
Cheval cabré de Camilo Otero - 1980 - Place Lucien Herr - Paris 5
Cheval cabré de Camilo Otero - 1980 - Place Lucien Herr - Paris 5


Né le 12 mai 1932, en Galice à Saint Jacques de Compostelle dans une famille modeste de pêcheurs, Camilo Otero étudie l’art tout d’abord dans sa ville natale puis à l’école des Beaux Arts de San Fernando en 1947 et ensuite à l’école San Jorge de Barcelone où il est l’élève du sculpteur Francisco Asorey. Il devient alors professeur de dessin à Sant Jordi. Au milieu des années 60, il part à Rome puis s’installe à Paris. Pendant trente ans, il travaille dans un atelier proche de la place Lucien Herr. Son art mature, sa vision s’affûte grâce notamment à une rencontre importante avec le sculpteur français René Collamarini qui lui transmet son intérêt pour la taille directe, une approche de la pierre différente, une confrontation directe à la matière. Camilo Otero reçoit le prestigieux prix Bourdelle en 1975, seul sculpteur ibérique lauréat à ce jour. En 1984, il participe au concours pour donner un nouveau visage au buste de Marianne. Dans les années 90, il retourne en Galice. Il vit alors retiré du monde tout à son œuvre et à sa famille. Il décède en 2004.


Cheval cabré de Camilo Otero - 1980 - Place Lucien Herr - Paris 5
Cheval cabré de Camilo Otero - 1980 - Place Lucien Herr - Paris 5
Cheval cabré de Camilo Otero - 1980 - Place Lucien Herr - Paris 5


Camilo Otero cherche à révéler la beauté cachée du monde. Son intérêt pour l’art brut et l’art du néolithique marque durablement son approche personnelle. Son travail se pare de formes primitives et des volumes de la nature animale. Selon lui la création sincère en prise directe avec les éléments naturels et l’imaginaire donnent son caractère unique à l’œuvre, un caractère qui vient du cœur et de la passion de l’artiste. Par l’intermédiaire de ses sculptures, il ravive le souvenir de sa Galice natale racontant à travers ses souvenirs, une histoire à dimension universelle.

Cheval cabré de Camilo Otero - 1980
Place Lucien Herr - Paris 5


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5 commentaires :

Sheily a dit…

C'est la fameuse statue dont tu me parlais ? Tu sais que je l'avais repérée il y a bien longtemps, mais je n'avais même pas identifié l'artiste (je suis sans doute passée trop rapidement).

Caroline a dit…

Tout à fait, c'est celle-ci. Il a fallu que je me remette à l'espagnol (étudié vaguement pendant un an en troisième langue vivante il y a 20 ans) afin de rédiger le billet. J'ai même regardé un documentaire sans sous-titre et là c'était vraiment compliqué ;)

carina otero a dit…

Bonjour,
Merci pour cet article,
à l origine elle s appelait le cavalier, titre attribué par le sculpteur.
Les marchants de la rue Mouffetard, auraient pu vous parler de lui car il avait une certaine "aura " dans le quartier, sont atelier se trouvait au 54 rue Lhomond.merci de parler de cette sculpture car le travail de mon père tombe un peu dans l' oublie.
Vous les avez très bien dépeinds dans votre article.
Lui comme son oeuvre. Je pense qu il aurait bien aimé charler avec vous autours d'un bon verre de vin...

Caroline a dit…

Je vous remercie pour toutes ces précisions. Très heureuse que cet article vous ait plu et qu'il vous ait paru pertinent. A mon grand étonnement, cela n'a pas été très simple de trouver des renseignements la concernant. J'avais envie de parler depuis très longtemps de cette sculpture. Les recherches m'ont permis de découvrir un artiste fascinant dont l’œuvre me touche beaucoup.

Anonyme a dit…

Bonjour
Message destiné a Carina Otero. J ai bien connu votre père avec ma femme Sabine et nous avons fait un bout de chemin ensemble. Et puis nous nous sommes perdu de vu après mon départ en Chine ou j y suis resté une dizaine d année. J aimerai vous rencontrer. Comment puis je vous joindre?
Stephane Vernay

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