Le Consulat Ambassade de Savoie, emblématique café restaurant de Montmartre, siège au sein d'une ancienne maison de village. Proue d'un pâté de maisons en triangle, l'établissement se trouve entre la rue Norvins, la rue principale de l'ancienne commune et la rue Saint-Rustique, la plus ancienne du village. Le site pittoresque au charme de carte postale séduit par sa photogénie, devanture blanche et bordeaux, stores rayés de rouge et de vert, blason de la Savoie, croix blanche sur fond rouge. La mention "Ambassade de Savoie" figure sur la façade côté rue Norvins. La plaque émaillée, placée sur le pan côté rue Saint-Rustique, évoque les artistes de la Butte de la fin du XIXe, début du XXe siècles. Vincent Van Gogh, Pablo Picasso, Alfred Sisley, Claude Monet, Henri de Toulouse-Lautrec, auraient été, en voisins, des habitués du bistrot. Jolie légende montmartroise, récit idéalisé de la bohème, outil efficace de communication. Demeure un café restaurant convivial dont le caractère villageois s'apprécie hors saison touristique et foule compacte voire tôt le matin.
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Paris : Le Consulat Ambassade de Savoie, café-restaurant de Montmartre, une institution à la photogénie internationale - XVIIIe arr
By La Rédaction At novembre 07, 2026 0
La commune indépendante de Montmartre créée en 1790 est rattachée au territoire de Paris en 1860. Elle conserve longtemps son charme rural entre vignes, moulins et vergers. Le coeur du vieux village, gabarits modestes et attraits préservés, est de nos jours. À l'angle des rues Norvins et Saint-Rustique, le peintre Jules-Adolphe Chauvet (1828-1898) réalise des dessins en 1866-76 et 1883. La maison de village porte en façade, le nom "Au retour du Moulin" ainsi que les mentions café restaurant et commerce de vins.
Maurice Utrillo peint l'établissement de la rue Norvins en 1937. La façade indique alors "Au Consulat d'Auvergne". Au XIXe siècle, la crise agricole provoque une exode rurale et pousse sur les chemins de la ville de nombreux Auvergnats et Cantaliens. À Paris, par nécessité, ils exercent les métiers les plus difficiles, notamment porteurs d'eau, rémouleurs, chaudronniers et vendeurs de charbon. Réputés pour leur courage au travail et leur parcimonie, peu à peu ils ouvrent des commerces, les cafés-charbon. Ils associent l'activité de marchand de charbon et de bois souvent à celle d'un débit de boisson. Au tournant du XXe siècle, les célèbres Bougnats marquent de leur empreinte le paysage parisien des brasseries, à l'instar des Alsaciens.
Le Consulat serait devenu "Ambassade de Savoie" dans les années 1960 à la suite de la reprise par un patron originaire de cette région. Une photographie datée de 1971 montre la façade rue Norvins frappée de la mention "Ambassade de Savoie" qui perdure de nos jours.
Contrairement à la théorie répandue en ligne, ce titre n'a pas de lien direct avec le premier maire de Montmartre, Félix Desportes (1763-1849). Homme politique, diplomate et préfet, il nait à Rouen, fait ses études à Paris et mène une carrière entre la France, l'Allemagne et la Suisse. Le Haut-Montmartre est élevé au rang de commune indépendante en 1790,. Félix Desportes est élu maire à cette occasion, fonction qu'il quitte lorsqu'il est nommé Ministre plénipotentiaire en Allemagne en 1792.
De 1794 à 1798, Frédéric Desportes oeuvre à la "réunion" de Genève à la France. Il mène des négociations diplomatiques avec la Sardaigne, la Bavière et d'autres nations européennes afin de créer une ligue anti-autrichienne. Le projet d'alliance est conditionné par la cession de la Savoie et de Nice à la France, et la cession au Piémont de la Lombardie et du Milanais. Ces projets n'aboutiront pas. La Savoie ne sera rattachée à la France qu'en 1860, à la suite du Traité de Turin.
La société actuelle Le Consulat Ambassade de Savoie, dirigée par Laurent Pouverin, a été créée en 2007.
Le Consulat
18 rue Norvins - Paris 18
Tél : 01 46 06 50 63
Horaires : Ouvert tous les jours de 12h à 22h
Métro : Abbesses (ligne 12) ou Anvers (ligne 2)
Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.
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