Expo Ailleurs : Chateaubriand et Juliette Récamier. Mon dernier rêve étant pour vous - Maison de Chateaubriand - Châtenay-Malabry - Jusqu'au 26 septembre 2027

 

L'exposition "Chateaubriand et Juliette Récamier. Mon dernier rêve étant pour vous", à la Maison de Chateaubriand Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups, explore l'une des plus célèbres liaisons amoureuses du XIXe siècle.Passion amoureuse fondée sur des affinités intellectuelles, en particulier la littérature, la relation complexe nouée entre l'homme de lettres, diplomate, politicien et l'une des plus célèbres salonnières de son époque surprend par sa permanence. Durant trente années, ils s'aiment, rompent, se réconcilient, réinventent leurs liens. Au delà du simple rôle de muse que la postérité lui a attribué, la manifestation qui se tient à Châtenay-Malabry, éclaire le statut particulier de Juliette Récamier (1777-1849) auprès de François-René Chateaubriand (1768-1848). Elle est une première lectrice avisée, une critique éclairée, une conseillère introduite dans les cercles les plus hauts placés et une intermédiaire précieuse auprès de ces relations. Leur notoriété se nourrit l'une de l'autre, leur prestige de leur réussite mutuelle.

Dans une scénographie chronologique, l'exposition développée par Anne Sudre, directrice de la Maison de Chateaubriand, réunit tableaux, gravures, lithographies, correspondances, objets personnels. Le parcours vient souligner leur communauté d'âme. 


Anonyme, d'après Jacques Louis David - Madame Récamier (vers 1800)
Lit de repos (fin du XVIIIe siècle ?)

Buste de Madame Récamier (fin du XIXe siècle) - Anonyme d'après Joseph Ginard

Portrait de Juliette Récamier
Portrait de Chateaubriand méditant sur les ruines de Rome - Anne-Louis Girodet-Trioson (vers 1809)

Madame Récamier à Aulnay près de Paris (1834) Jean-Jacques Champin (graveur) d'après Auguste-Jacques Régnier
Le duc Mathieu de Montmorency-Laval (vers 1834) - Alexandre François Caminade 

Tête idéale, Juliette Récamier en Béatrice (vers 1820) - Atelier d'Antonio Canova
Canova (vers 1840) - Charles Bour (graveur) d'après Félix Philippoteaux (dessinateur)
Chateaubriand dans l'atelier de Canova à Rome (vers 1819) - René Moraine

Juliette Récamier et François-René de Chateaubriand font connaissance en 1803 chez Madame de Staël, amie commune. Ils se rapprochent à partir de 1817. Mariés chacun de leur côté, leur liaison, relation amoureuse et intellectuelle, débute en 1818 et ne prend fin qu'au décès de Chateaubriand en 1848. 

Au coeur des cercles littéraire, politique, artistique, Juliette Récamier, l'une des Trois Grâces du Directoire (1795-1799), avec Joséphine de Beauharnais et Madame Tallien, anime un important salon depuis la fin du XVIIIe siècle. Célébrée dans toute l'Europe pour son esprit tout autant que sa beauté, elle suscite l'admiration et entretient un important réseau d'influence. 

Figure antibonapartiste, les revers financiers de son époux, Jacques Récamier, et l'essor de l'Empire, la contraignent à quitter Paris en 1805. Elle fait étape à Châlons-sur-Marne, Lyon, puis quitte la France pour l'Italie. Elle s'installe à Rome. Au lendemain de l'abdication de Napoléon, Juliette Récamier rentre à Paris en 1814 et relance son salon. En 1819, séparée de son époux, elle s'installe à l'Abbaye-aux-Bois, un couvent au sein duquel les religieuses louent des appartements aux dames de la bonne société. 



Portrait de Chateaubriand (vers 1820) - Horace Vernet
L'ambassade de Rome - François-René de Chateaubriand

Cordélia de Castellane (1813) - Henri-Joseph Hesse
Pierre-Simon Ballanche (première moitié du XIXe siècle) - Anonyme
Palazzio Sciarra Colonna (1841) - Gaetano Cottafavi


Mme de Duras (vers 1800-1825) - Marie-Marguerite-Françoise Jaser
Lettre autographie à Claire de Duras - François René de Chateaubriand
Moïse (XIXe siècle) Ferdinand Delannoy (graveur) d'après Gustave Staal (dessinateur)

À la suite de la publication d'un pamphlet contre l'empereur, Chateaubriand est exilé hors de Paris par décret impérial en 1807. Il se porte acquéreur d'une "maison de jardinier" entourée d'un parc dans la Vallée-aux-Loups, à proximité du village qui deviendra Châtenay-Malabry. Rejoint par son épouse Céleste de Chateaubriand (1774-1847), il y résidera jusqu'en 1817. Là, il se prend de passion pour la botanique et plante le parc de ses mains. Il donne des noms aux arbres qu'ils évoquent dans ses écrits comme des membres de sa famille.

Dès 1816, malgré la Restauration (1814-1830), le retour des Bourbons, Chateaubriand fait face à d'importants soucis financiers en lien avec sa disgrâce ministérielle. Il se sépare tout d'abord de sa précieuse bibliothèque. Puis il est contraint de vendre la propriété de la Vallée-aux-Loups, en 1818, à son ami Mathieu de Montmorency-Laval. "De toutes les choses qui me sont échappées, la seule que je regrette".  Proche de Montmorency, Juliette Récamier séjourne souvent chez son ami entre 1818 et 1826. 

La passion entre Juliette Récamier et Chateaubriand atteint son apogée entre 1818  et 1819. Mais leur nature séductrice affecte profondément cet amour. Entre 1823 et 1825, leur liaison entre dans une période de crise jusqu'à la rupture. Les infidélités à répétition de François-René blessent Juliette. Elle tente de mettre fin à leur idylle, à se libérer de leurs liens devenus insoutenables en se réfugiant en Italie auprès d'un nouveau prétendant. 

Leurs relations se muent en intense amitié complice. Juliette Récamier se fait confidente, alliée, promotrice du travail de Chateaubriand. Elle organise des lectures des premiers jets des Mémoires au cours de soirées à l'Abbaye-aux-Bois. Elle participe de la diffusion cette oeuvre en construction auprès des personnes d'influence et cherche à susciter l'intérêt des éditeurs.



Moïse (XIXe siècle) Ferdinand Delannoy (graveur) d'après Gustave Staal (dessinateur)
Chateaubriand assis auprès du Grand Bé médite ses Mémoires d'outre-tombe (1847) - Antoine Étex


Portrait de Céleste de Chateaubriand (1836) Hippolyte-Benjamin Adam


Les dernières années sont marquées par la maladie. À partir de 1840, Juliette Récamier atteinte de cataracte perd la vue. Elle est opérée à deux reprises sans succès. Chateaubriand, victime de rhumatismes handicapants, perd son autonomie, peu à peu paralysé. Céleste de Chateaubriand décède en 1847. Veuf à soixante-dix-neuf ans, Chateaubriand propose à Juliette Récamier de l'épouser. Le projet n'aboutit pas. Il meurt le 4 juillet 1848. Actrice de sa postérité, Juliette Récamier participe de la diffusion de son oeuvre et la publication des mémoires à titre posthume. 

Chateaubriand et Juliette Récamier. Mon dernier rêve étant pour vous
Jusqu'au 26 septembre 2027

Maison de Chateaubriand Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups
87 rue de Chateaubriand - 92290 Châtenay-Malabry 
Horaires : Ouvert tous les jours sauf le lundi - À partir du dernier dimanche d'octobre jusqu'à février : 13h – 16h30 / Mars et octobre : 13h – 18h / Avril à septembre : 13h – 18h30 / Week-end : 10h – 12h et l’après-midi selon les horaires ci-dessus / 
Dernière entrée : 45 mn avant l’heure de fermeture
Fermeture annuelle : du 25 décembre au 1er janvier, le 1er mai
Accès transports en commun
Ligne B, station Robinson (terminus), puis prendre l'itinéraire piétonnier fléché (environ 20-25 minutes à pied)
Ligne B, station La croix de Berny, puis prendre le T10 jusqu'à la station Théâtre La Piscine. 
Bus ligne 194 (Châtenay-Malabry – Lycée Polyvalent / Porte d’Orléans), arrêt Marc Sangnier
Bus ligne 294 (Igny RER / Châtillon-Montrouge), arrêt Marc Sangnier



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.