Paris : Histoire de l'Église Notre Dame de la Nativité du Val de Grâce - Musée du Service de santé des armées, Hôpital d'instruction des armées du Val de Grâce - Ve arr

 

L'église Notre Dame de la Nativité du Val de Grâce, chapelle de l'abbaye éponyme fondée en 1624, édifiée entre 1645 et 1667 sur les plans de François Mansart (1598-1666), est aujourd'hui église de l'Hôpital d'instruction des armées du Val de Grâce. L'abbaye du Val de Grâce, plus important couvent de France jusqu'à la Révolution, se voit réaffecté à partir de 1793. La communauté dispersée, le monastère est confié au Ministère de la Guerre. Il devient Hôpital d'instruction des armées du Val de Grâce. Les anciens bâtiments conventuels, préservés par leur réemploi immédiat, sont visibles depuis le boulevard du Port Royal.

La façade de l'église sur la cour d'honneur, exemple remarquable de l'esthétique baroque, s'inspire de celle de l'église Saint Paul Saint Louis, rue Saint Antoine dans le Marais, elle-même hommage à l'église du Gésù à Rome. Elle associe les influences baroques italiennes et le classicisme français avec des niveaux qui se répètent sur des formats différents. Deux bâtiments symétriques encadrent cette chapelle, le pavillon de gauche accueillait les visiteurs en séjour tandis qu'à droite se trouvait le parloir du couvent. Le dôme haut de 41 mètres, le troisième plus haut de Paris après les Invalides et le Panthéon, emprunte librement son esthétique à celle de la basilique Saint Pierre de Rome. Il se caractérise tambour percé de fenêtres soutenu par seize pilastres de contreforts surmontés de génies, encadré de quatre lanternons octogonaux. Déployée sur un plan en croix latine, l'église conserve l'un des plus importants ensembles de sculpture religieuse classique. 






Vers 1615, la jeune reine Anne d'Autriche (1601-1666) se lie d'amitié avec Marguerite de Vény d'Arbouze (1580-1626), qu'elle rencontre au noviciat de La Ville-l'Évêque à Paris. En 1619, cette dernière est nommée, par Louis XIII (1601-1643), abbesse de l'abbaye bénédictine du Val de Grâce de Notre Dame de la Crèche ou du Val Profond, établie à Bièvre. La communauté prend ses quartiers à Paris en 1621, au sein de l'Hôtel du Petit Bourbon, ancienne résidence des Valois du faubourg Saint Jacques. La première pierre d'un "monastère régulier" est posé en 1624. Le chantier modeste n'avance guère et en 1639, la chapelle n'est toujours pas achevée. 

En 1643, au décès du roi, la reine fait de nombreuses retraites au sein du couvent. Elle souhaite réaliser un voeu formulé auprès de la Vierge lors de son attente de grossesse, la réalisation d'un "temple magnifique dédié à Notre-Dame de la Crèche". 

La Reine fait appel à l'architecte François Mansart et s'installe dans une aile du monastère, au plus près du chantier. La nouvelle église doit voir le jour au Nord de la propriété, en retrait de la rue reliée au cloître par le choeur des religieuses. Le jeune Louis XIV (1638-1715), sept ans, pose la première pierre le 1er avril 1645 en présence de sa mère, la Régente Anne d'Autriche. 







En 1646, François Mansart écarté de la direction du projet se voit remplacer par Jacques Lemercier (1585-1654) lequel respecte les plans de son prédécesseur, modifiant seulement les volumes de la chapelle du Saint Sacrement. Les troubles de la Fronde (1648-1653) interrompent le chantier qui ne reprend qu'en 1655. Pierre Le Muet (1591-1666) prend le relais de Lemercier décédé entre temps, en collaboration avec Gabriel Le Duc (vers 1630-1696) et Antoine Broutel du Val. Il redessine les parties hautes, altère la silhouette de la tour-lanterne et des voûtements.

Au printemps 1662, le gros-œuvre achevé, les bâtiments du roi mandatent des artistes afin de développer le programme décoratif. Le sculpteur Michel Anguier (1612-1686) est chargé des arcades de la voûte dans la nef et des pendentifs de la croisée. L'année suivante, Pierre Mignard (1612-1695) accepte le contrat de la fresque de la coupole. En 1664, les commandes sont passées pour les pavements de marbre réalisés par Philippe Bernard et Roch Duchesnoy, la grille de la clôture, les armoires et lambris des sacristies. En 1667, le chantier est achevé, la chapelle inaugurée lors d'une messe.







Sous la Révolution, la congrégation dissoute, l'abbaye désaffectée devient l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce. L'église dévolue à l'intendance militaire, fait office de dépôt en particulier des uniformes. Au lendemain du Concordat établi entre l'État français du Premier Empire et le Vatican, l'église fait l'objet d'une vaste restauration entre 1818 et 1819, afin d'être rendue au culte en 1826. À cette date, elle est rattachée au diocèse aux Armées françaises. 

Église Notre Dame de la Nativité du Val de Grâce
1 place Alphonse Laveran - Paris 5
Accès par le Musée du Service de santé des armées
Horaires : Du mercredi au dimanche de 11h à 18h
Tarif du musée : 5 euros
RER B Port Royal 
Bus 38 Coutellerie / Bus 21 Feuillantines / Bus 75 Panthéon



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.

Bibliographie
Connaissance du Vieux Paris - Jacques Hillairet - Rivages
Le guide du promeneur 5è arrondissement - Bertrand Dreyfuss - Parigramme
Le guide du patrimoine Paris - sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos - Hachette