Le Collège des Bernardins, ancien réfectoire du Grand Collège des Bernardins, rue de Poissy dans le Ve arrondissement, est le dernier vestige d'une institution du XIIIe siècle. Fondé en 1245, à l'initiative d'Etienne de Lexington, (1198-1258), abbé de l'abbaye Clairvaux dans l'Aube, le Collège des Bernardins, lieu d'études et de recherche théologique, préside à l'éducation des religieux de l'ordre cistercien. Agrandi en 1336, le collège est nationalisé à la Révolution. Au XIXe siècle, le percement de nouvelles rues, Poissy et Pontoise en 1806, boulevard Saint Germain en 1855, fait disparaître la plupart des bâtiments. L'ancien réfectoire sur la rue de Poissy, affecté à une caserne de pompiers, est préservé.
Au sous-sol, se trouve un cellier voûté à trois nefs, partiellement comblé afin de stabiliser le bâtiment au XVIIIe siècle. Dégagé lors des restaurations du début des années 2000, il a retrouvé ses volumes originels. Au rez-de-chaussée, le réfectoire à trois nefs dont la voûte à croisée d'ogive est soutenue par d'élégants piliers, est l'une des plus vastes salles gothiques de Paris. La sacristie du XIVe siècle conservée, accueille aujourd'hui les expositions. Élément remarquable, l'escalier à vide central et voûte sarrasine, oeuvre de l'architecte M. Bourgeois, date du XVIIIe siècle. Le réfectoire du Collège des Bernardins fait l'objet d'un classement à l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 20 février 1887.
Racheté en 2001 par le diocèse, le Collège des Bernardins abrite, depuis 2009, l'Académie catholique de France, centre de formation théologique. Il dispense séminaires de recherche, conférences. Espace de rencontres et de dialogue, il propose activités culturelles comme spirituelles, concerts, expositions, projections, débats. Le site dispose d'espace ouvert au public toute l'année, outre le réfectoire, la librairie, le café-restaurant et le jardin.
L'ordre de Cîteaux est fondé en 1098, à l'abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme (vers 1029-1111). Bernard de Clairvaux (1090-1153), réformateur de la vie religieuse, saint catholique, directeur de conscience, se fait fervent promoteur de l'ordre monastique.
Au XIIe siècle, avec l'essor des Universités, formation et savoir se diffusent des monastères ruraux vers ces nouvelles institutions situées dans les grandes villes. L'enseignement est largement dominé par les Dominicains et Franciscains. Dans une bulle de 1245, le pape Innocent IV (vers 1180/1190-1254) encourage l'ordre des Cisterciens à établir leur propre école parisienne. Étienne de Lexington, abbé de l'abbaye de Clairvaux, entreprend la création du Collège de Saint Bernard, Collège des Bernardins, en hommage à Bernard de Clairvaux. Au sein du clos du Chardonnet, avec le soutien de puissants mécènes, notamment Alphonse de France, frère du roi Louis IX, Étienne de Lexington fait construire un ensemble de bâtiments inspirés de l'architecture des abbayes cisterciennes.
Le Collège des Bernardins passe, en 1320, sous l'autorité directe de l'abbaye de Cîteaux. Afin de répondre au nombre croissant d'élèves, une reconstruction partielle des édifices et l'extension des espaces débutent en 1336. Au début du XVe siècle, la propriété s'étend de l'actuelle rue de Poissy où se trouve le réfectoire et les dortoirs des moines aux jardins de la rue des Bernardins à l'Ouest, et vers la rue Saint Victor au Sud, englobant l'église Saint Nicolas du Chardonnet. Au Nord, elle n'atteint pas les quais. Le développement de la communauté cistercienne participe du rayonnement intellectuel de l'ordre et de l'Université de Paris. Au XVIIe siècle, le Collège des Bernardins affirme sa position. Il constitue l'un des plus importants centres de formation ecclésiastique de la Capitale.
En 1790, le Collège nationalisé devient brièvement prison des Bernardins. La remarquable église gothique désaffectée est utilisée en tant que carrière de pierres. Le 22 juin 1797, la ville de Paris se porte acquéreur du site vaste de deux hectares. Les derniers vestiges de l'église sont démolis.
En 1806, une grande partie des bâtiments de l'ancien Collège des Bernardins sont rasés dans le cadre du percement des rues de Poissy et de Pontoise. En 1845, l'ancien réfectoire devient une caserne de pompiers. Le percement du boulevard Saint Germain en 1855, fait disparaître les dernières constructions. Seul demeure l'ancien réfectoire. À la fin du XXe siècle, il est affecté à l'internat de la Police Nationale.
Le diocèse rachète l'édifice en 2001. À partir de 2004, l'architecte en chef des Monuments historiques Hervé Baptiste et l'architecte Jean-Michel Wilmotte mènent une restauration d'envergure. Le bâtiment réhabilité ouvre ses portes en 2008. Depuis 2009, il accueille l'Académie catholique de France, centre de formation théologique.
Collège des Bernardins
20 rue de Poissy - Paris 5
Tél : 01 53 10 74 44
Horaires : Ouvert du lundi au samedi, de 10h à 17h. Fermé le dimanche
Visite libre et gratuite de la nef et du petit jardin
Visites guidées tous les jours à 16h
Tarif plein : 6€
Tarif réduit : 3€ pour les moins de 26 ans et demandeurs d’emploi,
Gratuit pour les moins de 12 ans
Contact : +33 (0) 1 53 10 74 44
Mail : contact@collegedesbernardins.fr
Visites groupes : Uniquement sur réservation (obligatoire)
Contact +33 (0) 1 53 10 74 40 ou visites@collegedesbernardins.fr
Métro Maubert Mutualité ligne 10 / Jussieu lignes 7, 10
Bus 47, 67, 75, 86
Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.
Bibliographie
Le guide du patrimoine Paris - Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos - Éditions Hachette
Le guide du promeneur 5e arrondissement - Bertrand Dreyfuss - Éditions Parigramme





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