La Chapelle Saint Louis de l'ancien Noviciat des Jésuites à Avignon date du début du XVIIe siècle. Il s'agit du premier élément bâti du collège de la Compagnie de Jésus édifié à partir de 1601. Inscrite à l'inventaire des monuments historiques par arrêté du 13 décembre 1950, la protection patrimoniale concerne la chapelle, ainsi que les éléments de l'ancien noviciat, les façades et couvertures des bâtiments entourant le cloître, le cloître et son aire, l'entrée et ses galeries. La Chapelle Saint Louis est ouverte au public dans le cadre d'évènements ponctuels, concerts, journées du patrimoine. Son plan inspiré de la Renaissance italienne se développe en croix grecque, couronnée en partie centrale d'un dôme sur un tambour. La façade sur rue à l'Est, se distingue par la recherche de symétrie, trois travées rythmées par des pilastres corinthiens et une large baie. Fronton cintré en surplomb, des pilastres cannelés encadrent le portail. Des pilastres aux motifs géométriques soulignent les niches à coquilles.
À l'intérieur, les tribunes aux garde-corps de bois surplombent les chapelles. Au centre du sanctuaire, se trouve la dalle funéraire de Louise d'Ancézune, baronne de Saint Chamond, mécène du noviciat fondé par les Jésuites. Dans l'abside, un tableau attribué à Philippe Sauvan (1697-1792), représente saint Louis recevant les attributs de la Passion. Durant son noviciat débuté en 1735, le frère jésuite Jean-Denis Attiret (1702-1768) réalise le décor peint, symboles des quatre évangélistes. Destin romanesque, missionnaire en Chine dès 1738, il exercera ses talents à la cour de l'empereur Qianlong, sixième empereur de la dynastie Qing qui règne sur la Chine de 1735 à 1796.
La Chapelle Saint Louis conserve jusqu'en 1852 l'urne funéraire de Marie-Maurille de Sombreuil (1768-1823), Comtesse de Villelume, épouse du Commandant des Invalides d'Avignon, figure de la Révolution. Elle s'est illustrée par un acte héroïque passé à la légende. En septembre 1792, son père est arrêté pour activisme anti-révolutionnaire et conduit à la prison de l'Abbaye. Il attend la guillotine lorsque Melle de Sombreuil s'interpose face à la foule et au bourreau pour tenter de le sauver. La tradition suggère qu'elle aurait été contrainte de boire un verre de sang pour prouver son attachement à la République, épisode qui lui donne pour surnom "l'héroïne au verre de sang".



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