La Chapelle des Pénitents Noirs à Avignon, préservée durant la Révolution, témoigne de l'opulence des confréries de la Cité des Papes. L'édifice originel du XIIIe siècle, accolé au mur de l'ancienne prison Sainte Anne, est remanié au XVIIe, sous l'impulsion des Pénitents noirs de la Miséricorde. La confrérie fondée en 1586 est propriétaire du prieuré de Notre-Dame de Fenouillet et sa chapelle depuis 1591. Une restauration d'envergure au XVIIIe siècle confère à cette dernière son aspect actuel.
Le sanctuaire orienté au Nord, se caractérise par un plan double, une anti-chapelle et une chapelle à nef unique, un chevet plat. Composition baroque, la façade élégante du XVIIIe siècle se déploie sur deux niveaux. Un grand relief au-dessus de la porte, gloire en ronde-bosse de Pierre Bondon (1716-1781), représente une nuée de têtes d'anges. Au centre deux anges encadrent un plat sur lequel se trouve la tête de saint Jean-Baptiste, décapité sur l'ordre d'Hérode Antipas, à l'instigation de son épouse Hérodiade, symbole de la confrérie des Pénitents noirs de la Miséricorde.
Le plafond peint "L'Apothéose de saint Jean-Baptiste" (1739), a été réalisé par Pierre Courtois. Les boiseries encadrent de nombreux tableaux, parmi lesquels, peu d'originaux ceux-ci ayant été dispersés à la Révolution. Les oeuvres présentées sont réalisées au XIXe siècle par le peintre avignonnais Jean-Pierre Raspay (1741-1825). L'ensemble est classé à l'inventaire des Monuments historiques en 1906.




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