Paris : Passage de la Boule Blanche, cour artisanale typique du Faubourg Saint Antoine percée au XVIIIème siècle - XIIème


Le passage de la Boule Blanche ouvert par arrêt du Conseil du Roi du 5 juin 1700, est percé à travers une maison à l'enseigne de la Boule Blanche qui lui donne son nom. Ateliers d'artisans du bois et du meuble bordent ce passage typique du quartier. Au XVIIIème siècle, deux ébénistes de prestige occupent les lieux, Pierre Boichod réputé pour ses commodes et Charles Bernard Provost pour ses meubles rocailles et néoclassiques. La voie privée longue de quatre-vingt mètres sert de raccourci entre la rue du Faubourg Saint Antoine et la rue de Charenton. 









Le passage de la Boule Blanche facilite la circulation des Mousquetaires-noirs dont la caserne se trouvait au niveau de l'actuel hôpital des Quinze-Vingts. L'institution hospitalière fondée vers 1260 par saint Louis (1214-1270), se situe à l'origine rue Saint-Honoré au coin de la rue Saint-Nicaise, lieu-dit de "Champourri". Elle a pour vocation d'accueillir les aveugles. 

L'hospice de la rue de Charenton est aménagé en 1779 au sein de l’ancienne caserne des Mousquetaires-Noirs, désaffectée en 1775. Cette deuxième compagnie de mousquetaires doit son surnom à la robe de leurs montures qui les distinguent de la première compagnie, les Mousquetaires-Gris. Une partie des bâtiments est rasée pour édifier une clinique en 1880. À l'exception du porche d'entrée et de la chapelle saint Remi, l'ancienne caserne du XVIIIème et cette bâtisse sont démolies en 1957 pour construire un centre hospitalier moderne, spécialiste de l'ophtalmologie. 








Passage de la Boule Blanche, les anciens ateliers réhabilités ont été investis à la fin des années 1900 par des entreprises du tertiaire et du secteur créatif. Désormais quelques vestiges rappellent son ancienneté, le charme d'un escalier, une queue de cochon, un ancien bec de gaz. Au numéro 9, au-delà d'une porte cochère s'ouvre une courette sous verrière. En 1829, Pierre François Lacenaire (1803-1836) poète-assassin y aurait commis l'un de ses crimes. De 1974 à 2009, s'y trouve le siège de la rédaction de la revue critique "Les Cahiers du Cinéma".

Passage de la Boule Blanche 
50 rue du Faubourg Saint Antoine / 47 rue de Charenton - Paris 12
Métro Bastille ligne 1, 5, 8



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie. 

Bibliographie
Connaissance du Vieux Paris - Jacques Hillairet - Éditions Rivages
Le guide du promeneur 12è arrondissement - Danielle Chadych - Éditions Parigramme