Paris : Immeuble du 118 rue Réaumur, adaptation des canons Art Nouveau à une vocation commerciale - IIème

 


Au 118 rue Réaumur, l’immeuble à vocation commerciale édifié en 1900 a été distingué par un prix à l’occasion du Concours de façades de la Ville de Paris. Son architecte, le prolifique Joseph-Charles Guirard de Montarnal (1867-1947), élève de Ginain aux Beaux-Arts, est également l’auteur de la Maison Eymonaud et le concepteur de logements sociaux à Levallois pour la fondation Cognacq-Jay. L’édifice de la rue Réaumur a été pensé en fonction de l’activité à laquelle il était destiné. La façade se détache du modèle traditionnel de l’immeuble bourgeois d’habitation pour inventer un prototype alternatif à la jonction des genres. Une structure métallique légère divise la composition symétrique marquée par un cadre en pierre. Une grande verrière en métal sur trois niveaux se déploie sur toute la largeur du bâti, procédé jugé hardi par le jury du concours de façades. Le décor chapiteaux, balustrades s’orne de volutes sculptées dans la pierre et le métal par Anciaux. Ces motifs de feuillage stylisé animent une façade. Celle-ci traduit dans son propos esthétique l’adaptation des principes Art Nouveau aux impératifs de l’activité commerciale.










Le projet de la rue Réaumur, imaginé dès 1864, sous le Second Empire, demeure en suspens jusqu’à la IIIème République. L’assouplissement des strictes règlementations d’urbanisme à la suite des décrets de 1882, 1884 puis 1902 permet aux architectes de faire preuve d’une créativité inédite. Le lotissement de la rue s’affirme comme un laboratoire d’idées et de formes nouvelles adaptées à l ‘architecture commerciale. La rue Réaumur tracée à partir de 1885, inaugurée en 1887 par le président Félix Faure devient le principal chantier à Paris au tournant du siècle.

Entre 1886 et 1890, dix-huit immeubles sont édifiés, bâtiments commerciaux propres à la vente autant qu’à la confection. Ils accueillent commerces en gros, ateliers de finition, entrepôts, bureaux, points de vente, salles d’exposition parfois même appartements de réception ou d’habitation. 








L’évolution du cahier des charges donne naissance à des édifices mixtes caractérisés par leurs structures apparentes, des colonnes métalliques, de grandes verrières qui les distinguent des immeubles de rapport. Les éléments porteurs en fer et la diminution de la taille des huisseries favorisent le développement de surfaces vitrées en façade. En intérieur, vastes plateaux, cloisonnements légers et mobiles promettent une flexibilité des espaces. 

118 rue Réaumur - Paris 2

Bibliographie
Le guide du promeneur 2è arrondissement - Dominique Leborgne - Parigramme
Paris - Mille Monuments - Kathy Borrus - Editions Menges
Grammaire des immeubles parisiens - Claude Mignot - Parigramme

Site référent
Plan local d'urbanisme