Paris : Ancienne laiterie, devanture et décor classés, souvenir d'une crèmerie disparue au 25 rue Danielle Casanova - Ier


Au 25 rue Danielle Casanova, demeure la devanture d’une ancienne laiterie, appellation surannée des crèmeries. Ces commerces proposaient des produits laitiers variés ainsi que des œufs. La composition originale d’inspiration Art déco date des années 1930. La devanture s’élève du rez-de-chaussée à l’entresol. Plaquée sur une façade de marbre, la vieille enseigne en métal forgé annonce beurre œufs laiterie. A l’intérieur, un plafond signé Benoist et fils évoque le travail de cet atelier familial en activité de 1859 à environ 1940. Oeuvre de la troisième génération d’artisans, le décor floral stylisé se distingue par la technique du fixé sous verre, toile peinte encollée protégée par des plaques de verre typique de la maison Benoist et fils. La devanture et le décor intérieur sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques par arrêté du 23 mai 1984. La boutique a connu des destins contrastés en conservant sa particularité. Tour à tour maison de thé, coiffeur pour homme, il semble qu'elle soit promise à une nouvelle vocation. Le 25 rue Danielle Casanova est devenu un café.  





A Paris au XVIIIème siècle, les éleveurs des villages limitrophes envoient des marchandes à la criée sillonner les rues pour écouler leurs marchandises. Rares sont les boutiques qui proposent des produits laitiers. De fait, le lait sans transformation tarde à séduire les Parisiens. Les citadins le consomment tardivement qu’à partir de la diffusion d'une certaine mode, celle du café au lait. 

Les premières vacheries, étables urbaines, voient le jour à cette époque. Implantées au cœur de Paris, elles posent dès l’origine de nombreux problèmes liés à la salubrité. En 1802 les édiles en réglementent l’installation et l’exploitation. Cependant les mesures d’hygiène accrues demeurent insuffisantes. Les animaux élevés dans des conditions déplorables, mal nourris, concentrés dans des espaces trop restreints, tombent malades. Le lait se révèle souvent contaminé lorsqu’il n’est pas coupé avec toute sorte de produits impropres à la consommation pour paraître plus blanc. Le nombre des laiteries parisienne diminue à la fin du XIXème siècle. En 1892, elles sont encore cinq-cents. Trente en 1920. Les trois dernières ferment au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.





Les marchandises provenant de la ferme transitent par les Halles et les marchés. La vente des fromages et les œufs est dévolue à la corporation des fruitiers. Les détaillants s’approvisionnent auprès des grossistes. Au cours du XVIIIème, si le lait quotidien est produit dans Paris intra-muros, le beurre, produit nécessitant des matières premières de qualité, est confectionné dans les exploitations agricoles, directement sur les lieux de traite. Au XVIIIème siècle, les producteurs de la région parisienne, Saint-Germain-en-Laye, Vanves, Argenteuil, mais également du Gâtinais et de Brie se voient attribuer deux jours par semaine sur les marchés. Les producteurs normands et d’autres provinces de l’Ouest de la France, deux autres jours. Le très réputé beurre d’Isigny, sensible à la chaleur, n’apparaît sur les étals qu’entre novembre et mai. Le beurre salé de Bretagne, de Flandres et du Boulonnais supporte mieux le voyage est consommé toute l’année.

Ancienne Laiterie 
25 rue Danielle Casanova - Paris 2

Bibliographie
Paris décors : Art nouveau - Art déco - Dominique Camus - Editions Christine Bonneton 
Vitrines du passé - L’art du fixé sous verre à Paris - Aline Boutillon - Editions Artena 

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