Paris : Le Passe-muraille, hommage à Marcel Aymé par son ami Jean Marais, oeuvre insolite à Montmartre - XVIIIème



Le Passe-muraille, statue hommage à l’écrivain Marcel Aymé (1902-1967) et à la nouvelle fantastique parue en 1943 dans le recueil du même nom, est une curieuse oeuvre qui semble jaillir du mur attenant au jardin de la cité des artistes. La statue de bronze, signée Jean Marais (1913-1998), est devenue l’une des curiosités du quartier depuis son installation en 1989. Elle attire autant le regard des passants, les commentaires des badauds que les selfies des touristes perplexes. Le célèbre personnage de Dutilleul dit le passe-muraille, homme doté d’un don surprenant qui lui permet de traverser les murs, apparaît figé dans la pierre au moment où il émerge de la paroi. Tête et buste partiellement dégagés, une main, une jambe, l’ensemble s’élève à 2,30 mètres de hauteur. L’artiste qui réalise l’original en 1967 au lendemain du décès de Marcel Aymé, a prêté les traits de l’écrivain son ami, à la statue. Le bronze final a été inauguré à Montmartre le 25 février 1989 sur la place qui porte le nom de Marcel Aymé depuis le 10 décembre 1986.








« Le Passe-muraille » de Marcel Aymé est la curieuse histoire d’un modeste employé dans un ministère absurde se découvre un pouvoir. La nouvelle débute ainsi : « Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75 bis de la rue d'Orchampt, un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. » Cet iconique anti-héros grâce à cet étrange pouvoir qui lui tombe du ciel, décide tout d’abord se venger des humiliations permanentes infligées par ses collègues. Puis il se lance dans une vie d’aventure fomentant une série de cambriolages rocambolesques qu’il signe « Garou-Garou ». Dutilleul jeté en prison s’en échappe grâce au mystérieux don. L’amour pour une femme mariée malheureuse va mettre fin à sa cavale. 

Marcel Aymé, grand amoureux de Montmartre, y a longtemps vécu, rue Paul Féval puis rue Norvins où il côtoie Jean Marais, propriétaire d’un bien à la villa Sandrin. Nombre de ses récits se déroulent sur la Butte soulignant son attachement particulier au quartier. Plantée de cerisiers, la placette créée contre le talus du terrain de la cité des artistes, à la jonction de l’avenue Junot inachevée et de la rue Norvins, lui convient par sa poésie décalée. L’auteur de des « Contes du chat perché », de « La jument verte », de « La vouivre » et de « Traversée de Paris » a habité au numéro 2, dans un immeuble édifié par l’architecte Charles Adala où il a été précédé par Désiré-Emile Inghelbrecht (1880-1965), chef d’orchestre et compositeur français.








Au décès de Marcel Aymé en 1967, Jean Marais réalise un hommage poignant. Il représente Dutilleuil dit le passe-muraille, anti-héros iconique, en empruntant sa physionomie à l’écrivain. Célèbre pour ses dons de comédien, Jean Marais s’est révélé tout au long de sa vie artiste aux multiples facettes. Très tôt, sous l’influence de son mentor et compagnon de longue date Jean Cocteau (1889-1963), il peint et il dessine. Sa vocation de sculpteur et de céramiste est plus tardive. En 1973, Jean Marais vit dans le Sud de la France, dans le village de Cabris. Il découvre la céramique aux côtés de Picasso à Vallauris dans son atelier de la Cité des potiers.

Statue du Passe-Muraille
Place Marcel Aymé - Paris 18

Bibliographie
Le guide du promeneur 18è arrondissement - Danielle Chadych et Dominique Leborgne - Parigramme
Curiosités de Paris - Dominique Lesbros Parigramme