Paris : Maison à pans de bois composite aux 9/11 rue de Lanneau et 1/3 impasse Chartière, réunion de quatre bâtisses édifiées entre le XIVe et le XVIIe siècles - Ve arr

 

La Maison d'angle remarquable à pans de bois recouverts d'enduit, entre les 9-11 rue de Lanneau et les 1-3 impasse Chartière réunit quatre anciennes bâtisses, respectivement du XIVe, XVIe et XVIIe siècles. Ouvert en 1962, le restaurant le Coupe-Chou, institution gastronomique du Ve arrondissement, a permis la réunion et la préservation de ces édifices singuliers. Dans les caves des demeures vénérables se trouvent d'importants vestiges des thermes gallo-romains dits Thermes de l'Est ou Thermes du Collège de France, datant du IIe siècle. Les éléments dégagés lors de campagnes menées en 1935-1938 et 1945 ont permis de mettre à jour canalisations, bassins, poteries.

Le bâtiment le plus important de l'ensemble, est constitué de l'ancienne maison de la Tournelle, dont la tourelle demeure en place du XIVe siècle au XVIIIe siècle. Vers 1568/1572 Robert Certain, curé de la paroisse Saint-Hilaire-du-Mont, maître ès arts de l'Université de Paris, procureur, premier principal du collège Sainte-Barbe, fait creuser un puits au croisement de la rue Saint Hilaire et de la rue de la Chaveterie, devenue, de nos jours, impasse Chartière. Ce puits a été redécouvert en 1894 lors de travaux d'assainissement des égouts.

Au XVIe siècle, Jean Heuqueville (mort en 1629) établit un temps une imprimerie librairie. La rue de Lanneau, au cœur du Quartier Latin et entourée de collèges et autres établissements de savoir, compte jusqu'à quatorze commerces de ce type. L'une des deux maisons sur l'actuelle Lanneau a été jusqu'au début de l'Empire, une rôtisserie fameuse, la Maison à l'enseigne du Puits Certain. La façade sur l'impasse Chartière du XVIIe siècle a conservé une belle porte piétonne en bois dotée d'une grille de fer forgé du XVIIIe siècle. 







La pittoresque rue de Lanneau qui abrite cette maison composite présente encore de nos jours les marques de son origine médiévale. Elle témoigne d'un Quartier Latin passé au charme intact, tracé sinueux, pavés charmants, maisons à colombages. Accrochée au versant de la Montagne Sainte-Geneviève, elle est percée vers 1185. "Le Dit des rues de Paris" (vers 1280-1300) de Guillot de Paris la mentionne sous le nom de rue Saint Ylaire. Puis elle devient rue du Puits-Certain au XVIe siècle. Rattachée à la rue Fromentel au XVIIe siècle, elle figure sous cette appellation sur les plans de Gomboust (1649) et de Bullet (1676). En 1700, dissociée de cette voie, elle reprend la dénomination "Mont Saint Hilaire". Sous la Révolution, le terme "saint" est effacé pour ne laisser que "Mont Hilaire". 

Dernier tiers du XIXe siècle, lorsque la rue Fromentel disparaît à l'occasion des grands travaux haussmanniens, la portion préservée fusionne avec la rue Saint Hilaire pour former en 1880 la rue de Lanneau. Cette dénomination est attribuée 25 octobre 1880, en hommage à Pierre-Antoine-Victor de Lanneau (1758-1830) réformateur de du Collège Sainte Barbe voisin à la fin du XVIIIe siècle. 

Maison aux 9/11 rue Lanneau - 1/3 impasse Chartière - Paris 5



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie. 

Bibliographie
Le guide du promeneur 5e arrondissement - Bertrand Dreyfuss - Éditions Parigramme
Annexe 6 du règlement PLU Protections patrimoniales, 5e arrondissement