Paris : 79 rue Madame, la Maison Gillot, un immeuble intrigant, une loggia haute en couleurs et un décor Art Nouveau fleuri - VIème


Au numéro 79 de la rue Madame, à l’angle de la rue d’Assas, un petit immeuble de rapport coquet attire les regards par sa remarquable loggia bow-window à armature métallique soutenue par une cariatide et un atlante. L’édifice protégé au titre du PLU a été édifié pour la famille Gillot, imprimeurs d’art réputés. La campagne de construction semble s’être déroulée en plusieurs étapes. La construction à proprement dit est intervenue vers 1860/70. Par la suite deux projets de modification ont été menés par l’architecte Félix Werlé pour le compte de Charles Gillot, en 1887 pour une extension sur cour puis en 1892 avec la surélévation du corps de bâtiment sur rue. Le plan de façade originel de la maison Gillot reprend certaines dispositions classiques de l’hôtel particulier. De remarquables décors signés Eugène Grasset trois grands vitaux et des moulures du plafond à caissons ont été préservés ainsi qu’un élégant escalier à balustres en bois de la fin du XIXème siècle. 










L’immeuble de rapport du 79 rue Madame a été établi sur un terrain de 347m2. Cette propriété de la famille Gillot, a successivement appartenue à Firmin Gillot (1819-1872), imprimeur d’art, lithographe et inventeur puis à son fils Charles Gillot (1853-1903) grand collectionneur d’art antique médiéval et islamique, également inventeur, du procédé de la photogravure dit gillotage. Le clan Gillot proche de Samuel Bing et Eugène Grasset a développé un goût certain pour les arts et les collections. Le mobilier originel de la maison, ainsi que divers éléments ornementaux ont été imaginé par Grasset. Ces ensembles ont par la suite été confiés au Musée des Arts décoratifs. Seuls demeurent les vitraux et le plafond à caissons. 

Sur l’aile en retour de l’arrière-cour se trouvait l’imprimerie tandis que le logis familial donnait côté rue. La maison a été remaniée à la demande de Charles Gillot par l’architecte Félix Werlé, élève de C. Laisné médaillé au salon de 1878, architecte attaché à la commission des monuments historiques en 1879. Architecte diocésain de Tarbes en 1880 puis de Périgueux en 1887, le Mans en 1891, et Luçon, il est relevé de ses fonction en 1895 pour une sombre affaire d’emprunt aux entrepreneurs. Les différents permis de construire indiquent successivement le 27 juin 1887 l’autorisation d’ajouter un oriel en fer et verre sur la façade de l’immeuble avec début du chantier le 13 août 1887 puis le 25 janvier 1892 une surélévation, travaux entamés le 14 mai 1892. 











La façade loggia en fer forgé à la hauteur du second étage est soutenue par une cariatide et un atlante à l’antique, tête de femme et tête d’homme engainés. Ils reposent sur des pilastres décorés dans le style Art Nouveau, aux fleurs stylisées peintes sur céramique. Le balcon du troisième étage contraste par l’utilisation de la pierre taillée avec corniche.

En 2009, une réhabilitation moderne du bâtiment de trois étages à usage de bureau et d’habitation envisage une surélévation partielle d’un niveau, la création de toitures terrasses, la reconstruction des parties intérieures, du patio du rez-de-chaussée, la modification des baies sur cour, l’extension du sous-sol, la redistribution intérieure, la construction de mezzanine et la restauration des façades. Aujourd’hui, la maison Gillot séduit par son charme authentique préservée et ses équipements contemporains discrets.

Maison Gillot
79 rue Madame - Paris 6

Bibliographie 
Guide du promeneur 6è arrondissement - Bertrand Dreyfuss - Parigramme

Sites référents