Ailleurs : Musée de l'Image d'Épinal, une institution culturelle vosgienne, l’une des plus importantes collections européennes d’images populaires du XVIe siècle à nos jours

Le Musée de l'Image d'Épinal conserve une collection de plus de 100 000 images populaires du XVIe siècle à nos jours, l'une des plus importantes d'Europe. L'établissement culturel municipal, inauguré le 3 mai 2003, a été édifié à l'avant de la parcelle où se tient l'ancienne fabrique imagière Pellerin. Cette institution fondée par Jean-Charles Pellerin en 1796, devenue l'Imagerie d'Épinal est actuellement à l'arrêt, en attente de reprise. La boutique de l'Imagerie d'Épinal demeure en activité. L'édifice où se niche le Musée de l'Image d'Épinal a été conçu par l'agence Repérages Architecture, représentée par Adeline Respal et Jean-Jacques Raynaud, en collaboration avec Jean-Luc Gérard et le bureau d'études Sigma. Le bâtiment contemporain, vaste de 2000m2, et l'Imagerie d'Épinal constituent la Cité de l'Image. Cet ensemble célèbre la production emblématique de la ville, en éclaire les aspects historiques, culturels et techniques. 
 






Le Musée de l'Image d'Épinal, labellisé Musée de France par le Ministère de la Culture, s'inscrit dans la tradition imagière vosgienne. Il conserve un corpus ambitieux, association d'images populaires, peintures, photographies, oeuvres musicales et théâtrales. Les nombreuses feuilles, pièces anciennes et contemporaines, retracent l'histoire de l'imagerie populaire qui résonne puissamment avec celle de la société. L'importance du fonds XIXe siècle souligne l'ampleur de l'industrie imagière dans l'Est de la France, notamment à Épinal, Metz, Jarville, Pont-à-Mousson, Wissembourg. Les collections réunissent également des productions internationales, Europe, Allemagne, Italie, Belgique, Espagne, Autriche et au-delà du Vieux Continent, Inde, Russie, Japon, Chine, Mexique. 

La ville d'Épinal acquiert, en juin 2010, la collection privée d'Henri George, fils de Spinaliens, natif de Strasbourg, installé depuis 1940 à Paris, ancien directeur du service des études et de la documentation de l’Assemblée nationale. L'ensemble de 85 000 pièces - images populaires ou religieuses, canivets rares, vues d'optique, chromos publicitaires, imprimés de colportage - qui s'ajoute aux 25 000 conservées alors par le Musée de l'Image, triple les fonds, faisant de cette collection la troisième plus importante en ce domaine après la BNF et le Mucem de Marseille. 

En 2019, la collection de Charles Pierre, acquise aux enchères, rejoint ce fonds, rares imageries parisiennes de la rue Saint-Jacques et feuilles du XVIIIe siècle du graveur Joseph Ottinger. Images modernes et contemporaines complètent le propos l'instar de panneaux scolaires pédagogiques créés par André Rossignol à Montmorillon dans les années 1950, ou des maquettes à découper de la fin du XXe siècle.







Le centre de documentation, accessible aux étudiants, professionnels, chercheurs ou simples passionnés, présente les 2400 ouvrages conservés par le musée, catalogues d'exposition, monographies d'artistes, publications universitaires et 1400 articles ainsi que le fonds documentaire d'Henri George. La base de données Actimuséo doit, à termes, référencer l'ensemble des notices relatives aux collections d'images populaires. 

Les collections du Musée de l'Image d'Épinal sont exposées au gré d'un parcours permanent, salle vaste de 400m2, dont l'accrochage est renouvelé tous les six mois du fait de la fragilité des pièces présentées. La scénographique chronologique et thématique, sur fond d'histoire de l'imagerie populaire du XVIe siècle à nos jours, éclaire l'aspect technique du travail des graveurs, l'influence des grands centres de production. En parallèle, elle initie une réflexion au sujet de la fonction des images, pédagogie, jeu, réclame et les natures contrastées des productions. Images religieuses, satiriques, publicitaires, propagande, historiettes, théâtres de papier, feuilles de soldats, elles témoignent de l'évolution de la société, des mœurs et des imaginaires. Dialogue entre les époques, les esthétiques, les techniques. 

Des oeuvres contemporaines posées en regard des feuilles anciennes illustrent la vitalité d'un patrimoine vivant, les peintures de Dorothée Selz, les photographies de Clark et Pougnaud, de Jacqueline Salmon, Karen Knorr, Gladys, Claire Chevrier, Richard Petit, Paola de Pietri, Charles Fréger, Laura Henno, les œuvres de Jochen Gerner, Teun Hocks et Patrick Neu, Daria Schmitt, les gravures de Benoît Jacques et Frédéric Coché. 







Le Musée de l'Image d'Épinal développe deux à trois expositions temporaires par an. Elles s'attachent à valoriser les fonds et soulignent l'intérêt historique, poétique, esthétique, philosophique de ces images populaires. Les visites guidées et les ateliers adaptées à des publics variés mènent une mission d'éducation et de sensibilisation. Le musée collabore avec de nombreux partenaires locaux, tels que le Cinéma Palace, les Écoles supérieures d'art de Lorraine. Ce réseau culturel régional permet de soutenir les événements organisés par la Ville d'Épinal, Forum des associations, Festival Les Imaginales

Depuis 2008, chaque année, le Chemin des Images propose un parcours artistique à travers la ville de 15 oeuvres contemporaines sélectionnée en écho aux collections du musée. 

Musée de l'Image d'Épinal 
42 quai de Dogneville - 88000 Épinal
Tél : +33 3 29 81 48 30
Horaires : 
- Du 1er septembre au 30 juin 
Du mardi au samedi 9h30 - 12h / 14h - 18h - Dimanche 10h - 12h / 14h - 18h - Fermeture exceptionnelle les 24 et 31 décembre à 16h et le 9 janvier à 16h. Fermeture les jours fériés sauf le jeudi de l'ascension 14 mai 2026 (de 10h - 12h / 14h - 18h).
- Du 1er juillet au 31 août
Du lundi au samedi 9h30 - 12h30 / 13h30 - 18h - Dimanche et jours fériés (14 juillet et 15 août) 10h - 12h30 / 13h30 - 18h
Tarifs : Plein tarif individuel : 6,5 € / Tarif réduit individuel : 5 € (jeunes de 18 à 25 ans, CE, Pass Spinapass, carte Cézam, Ministère de la Culture, enseignants) / Billet Famille : 11 € (2 adultes et 1 enfant minimum)



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.