mardi 26 septembre 2017

Cinéma : Une suite qui dérange : le temps de l'action de Bonni Cohen et Jon Shenk



Depuis vingt ans, Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis, homme politique devenu ambassadeur de la cause écologique, mène une croisade contre le réchauffement climatique. En 2006, le documentaire Une vérité qui dérange alertait l'opinion publique sur le dérèglement de notre climat. Infatigable énergie, stature internationale et talents d'orateur, ce personnage romanesque met à profit ses connexions dans les domaines de la politique, de l'industrie, de l'humanitaire. Onze ans plus tard, un Oscar et un prix Nobel de la paix, il poursuit son action afin de sensibiliser les dirigeants politiques, convaincre les chefs d'entreprise, tout en incitant les citoyens à se réapproprier les enjeux universels de ce combat. 






Le documentaire suit le voyage autour du monde d'Al Gore. La caméra suit les conférences réunissant les défenseurs du climat, pénètre dans les coulisses mêlant moments publics et privés avec beaucoup d'intelligence. Le discours d'action et non plus de prévention souligne la nécessité, plus urgente que jamais, de réagir à la crise climatique. La planète en danger, les catastrophes naturelles se multiplient. La fonte des glaciers, la montée des eaux, les inondations, les pluies torrentielles, les ouragans, les dérèglements ont des conséquences dramatiques. En 2015, 15 millions de personnes, réfugiés climatiques, ont été chassés de chez eux.

Alors que l'arrivée à la tête des Etats-Unis de Donald Trump, opposé à la réduction des gaz à effet de serre, climato-sceptique revendiqué, appui des industriels pollueurs, inquiète, la solidarité entre les représentants des différents pays est plus que jamais primordiale au-delà mêmes des tragédies qui mobilisent. Pédagogique sans être didactique, le documentaire exprime avec force l'importance des enjeux et des périls à surmonter. 





Porté par un certain optimisme, persuadé que nous sommes à l'aube d'une véritable révolution énergétique, Al Gore renouvelle, dans son discours, sa confiance en l'humain, ses capacités d'engagement politique et citoyen. Des solutions à mettre en place sont proposées comme les énergies renouvelables, solaires, éoliennes. Les scènes où l'ancien vice-président négocie des avancées technologiques écologiques auprès des entrepreneurs, des industriels ou tente de convaincre l'Inde de se joindre aux accords de Paris sont assez édifiantes. 

Monté comme une sorte de thriller héroïque, Une suite qui dérange : le temps de l'action présente Al Gore comme un citoyen du monde conscient des enjeux géo-politiques de la cause qu'il défend. L'intensité dramatique et l'émotion atteignent leur comble lors des images tournées à Paris. A l'occasion de la préparation de la COP21, Al Gore est présent dans la Capitale française le 13 novembre 2015, le soir des attentats. 




Mettant en exergue la complexité des problématiques liées à l'industrialisation, le documentaire renforce l'idée que les décisions essentielles à prendre comportent une dimension diplomatique importante. Il est d'ailleurs regrettable que Donald Trump ait refusé que sa rencontre avec Al Gore dans la Trump Tower soit filmée. On ressort de là avec une furieuse envie de rejoindre l'ONG d'Al Gore qui forme les ambassadeurs de la lutte contre le réchauffement climatique. 

Une suite qui dérange : le temps de l'action
Réalisé par Bonni Cohen Jon Shenk 
Sortie le 27 septembre 2017




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1 commentaire :

Aurore a dit…

J'ai vraiment envie de le voir mais j'ai peur que ce documentaire soit un poil mégalo.

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