mercredi 29 mars 2017

Théâtre : C'est encore mieux l'après-midi de Ray Cooner - Avec Pierre Cassignard, Sébastien Castro, Lysiane Meis - Théâtre Hébertot



Député de province, Richard est à Paris pour assister à un important débat parlementaire. Avec son épouse Christine qui a beaucoup insisté pour l'accompagner cette fois-ci, ils sont descendus à l'hôtel de l'Hémicycle à deux pas de l'Assemblée. Alors qu'ils terminent de déjeuner, Richard semble particulièrement soucieux que sa femme ne manque pas le début d'une représentation à la Comédie Française pour laquelle il lui a pris un billet. C'est que celui-ci, en lieu et place du débat, compte bien cette après-midi retrouver la jolie secrétaire du Premier Ministre avec qui il a rendez-vous. Le député charge Georges, son jeune attaché parlementaire plein de bonne volonté mais d'une rare maladresse, de gérer la logistique de cet adultère en réservant une chambre supplémentaire sous un nom d'emprunt. Les choses ne vont pas se passer comme prévu, d'autant que Christine, que Georges ne laisse pas indifférente, choisit de ne pas se rendre au théâtre pour rester avec lui.






Vaudeville pur jus, comédie rythmée menée tambour battant C'est encore mieux l'après-midi s'assume en divertissement pas très fin mais plein d'énergie. L'intrigue classique entre vite en surchauffe reprenant tous les codes du boulevard dans la frénésie d'une mécanique bien huilée. Pourtant, les outrances du texte dans la grivoiserie à la papa, la misogynie latente en font une pièce tout à fait datée qui manque singulièrement de modernité malgré la mise en scène nerveuse pensée par José Paul. Plus qu'agaçants, les rôles féminins particulièrement niaiseux versent dans la caricature absolue. On repassera pour le féminisme. 

Sur le thème de l'adultère, cocufiage à tous les étages, les situations ubuesques peu vraisemblables s'enchaînent sur l'air classique du mari, la femme, la maîtresse - et l'amant. Mais on a du mal à se passionner pour ses frasques idiotes. Pierre Cassignard, qui interprète l'odieux député libidineux et Lysiane Meis qui compose une épouse volage évaporée, en font des tonnes. Dans l'idée de renforcer l'effet burlesque sans y parvenir, ils surjouent volontairement leur partition. Le résultat est bien lourd. Seul Sébastien Castro, tout à fait irrésistible, sort son épingle du jeu. Objectivement très bon dans son rôle d'attaché parlementaire gaffeur, un naïf dont les maladresses font lamentablement échouer la délicate mission. Les seconds rôles font le job, sans vague.




L'engrenage rocambolesques des mensonges, l'enchaînement de catastrophes et quiproquos, la répétition des pirouettes lassent très vite d'autant qu'on peine à s'attacher à des personnages pas franchement intéressants. La pièce écrite au début des années 80 peine à s'ancrer dans notre époque hormis un décor modulable assez beau qui modernise le grand ballet des portes qui claquent. 

Sans m'être tout à fait ennuyée, je n'ai pas ri du tout. Ce qui est, vous en conviendrez, fort dommageable pour une comédie. Je passe, donc. Visiblement destiné aux seniors, ce spectacle plaira sans doute aux amateurs du genre. Pourquoi pas, si vous aviez envie de faire plaisir à votre grand-mère.

Adaptation Jean-Marie Poiret
Mise en scène de José Paul
Avec Pierre Cassignard, Lysiane Meis, Sébastien Castro, Guilhem Pellegrin, Pascale Louange, Guillaume Clérice, Rudy Milstein et Anne-Sophie Germanaz
Du mardi au samedi à 21h - Samedi 16h30 et dimanche 15h00

Théâtre Hébertot
78 bis boulevard des Batignolles - Paris 17
Tél : 01 43 87 23 23



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