mardi 7 février 2017

Cinéma : Silence de Martin Scorcese - Avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson - Par Lisa Giraud Taylor



Au XVIIème siècle, la persécution contre le christianisme fait rage au Japon. Un seul prêtre demeure sur l'île. Forcé d’apostasier, il travaille désormais pour le régime en place. Deux Pères Jésuites, ayant eu ledit prêtre comme maître des novices, ne peuvent pas croireS qu’un tel homme, ancré dans ses convictions, ait pu adjurer sa foi. Ils se rendent donc au Japon afin de découvrir la vérité. Le destin va mettre leur foi à l’épreuve avec des conséquences inattendues.






Trois ans après Le Loup de Wall Street et avoir produit la série Vinyl, Martin Scorsese adapte le roman de l’auteur japonais Shūsaku Endō, Silence, qui fut porté à l’écran par Masahiro Shinado au début des années 70. Cela fait fort longtemps que Scorsese souhaitait réaliser ce projet dont il porte, à l’écran, son envie, sa volonté, son regard et sa conviction.

Il explore les tourments de l’âme, les fondements de la croyance et le chemin intérieur de deux prêtres jésuites partis en mission au Japon afin de retrouver l’un des leurs, et maître. Ils sont alors confrontés à la persécution et la réalité brutale de ce Japon du XVIIème siècle dont les autorités japonaises avaient pris le parti d’éradiquer toute présence de foi chrétienne sur leur sol.






Dès le début, le film immerge le spectateur dans cette atmosphère tendue, ses pressions, ses actes de torture et autres sévices corporels, mais aussi dans cette épreuve spirituelle, dans la douleur physique et morale, qui, bien que sans complaisance, le met, de temps en temps, mal à l’aise. 

Visuellement et esthétiquement magnifique, ce film est loin des dernières productions vitaminées de Scorsese. Ici, tout est lent, pesant, déroutant, incertain avec une sobriété et une nonchalance surprenantes. Le directeur de la photographie de Scorsese, Rodrigo Prieto doit être remercier pour la beauté de certains plans, cette brume incroyable et la lumière sur les visages pour maintenir les non-initiés en alerte. Et quels visages ! Quels plans !





Andrew Garfield peut, en un seul regard, vous bouleverser. Son interprétation de ce Jésuite digne et ses échanges visuels avec les personnes rencontrées sont d’une puissance poignante. Il a, également, la chance d’avoir à ses côtés, si on peut dire, Liam Neeson et l’insaisissable (et tant mieux) Adam Driver capable de jouer toutes les nuances, du clair à l’obscur…

Malgré sa beauté visuelle et la qualité de son interprétation, son sujet et ses propos dont la portée fait écho avec nos réalités, Silence n’est pas un film aisé à visionner. Son sujet est dur, son austérité non accommodante, son rythme interminable et cela est renforcé par une quasi-absence de musique. Intense, fort mais long… très long… trop ?

Silence de Martin Scorcese
Avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson
Sortie le 8 février 2017


Lisa Giraud Taylor est écrivain, photographe et blogueuse. Son roman Liverpool Connexion est disponible aux Editions Trinômes. Vous pouvez également retrouver sa plume piquante sur Le blog d'une ItemLiz Girl. Cette jeune femme hyperactive - mais comment fait-elle ? - collabore régulièrement avec les webzines Lords of Rock et So Busy Girls où elle nous régale de chroniques pleines d'esprit, ultra punchy dans un style bien à elle. Humour ravageur et pertinence sont ses marques de fabrique.





Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

3 commentaires :

moodysun a dit…

Merci pour cet article ! Je voulais aller voir le film et je préfère toujours avoir l'avis d'une bonne blogueuse plutot que de regarder des bandes annonces trop révélatrices !
Bisous xx
Charlotte

http://www.moodysun.blogspot.fr

Caroline a dit…

Curieusement, il ne me tente pas du tout. Probablement, les critiques du Masque de dimanche dernier.....

tania a dit…

pas évident c est clair
sujet particulier
comme tu dis austère mais j ai aimé qd même
coup de chapeau à Andrew Garfield
et les conditions de tournage ne devaient pas être évidentes
je ne l ai pas trouvé trop long

Share this