mercredi 4 novembre 2015

Mes Adresses : Sinople, le restaurant du Klay - 4 bis rue Saint-Sauveur - Paris 2



Dans un beau bâtiment industriel datant du XIXème siècle, le club de sport le plus tendance du moment a su conférer à son statut de temple de l’effort physique une dimension glamour. Le Klay, petit frère du célèbre Ken Club situé à côté de la Maison de la Radio, s’est établi en 2009 dans le quartier Montorgueil pour le bonheur des athlètes en salle qui composent sa clientèle huppée. Vaste structure métallique de type Eiffel et murs de briques prennent toute leur ampleur esthétique sous la verrière escamotable de la grande terrasse façon jardin d’hiver, à l’entrée du club. Une terrasse couverte paradisiaque accueillant, tout au long de l’année, membres et non-abonnés autour du restaurant entièrement rénové en 2014 et rebaptisé le Sinople à cette occasion. « En cherchant l’étymologie de la rue Saint-Sauveur, j’ai découvert un village nommé Saint-Sauveur (en Haute- Garonne), et son blason sinople qui désigne la couleur rouge jusqu’au XIV° siècle, puis change de sens sans explication précise. Il est alors utilisé pour désigner le vert », explique Franck Bonarel, directeur du Klay dans le dossier de presse diffusé par l’agence Duende. Nouveau nom et nouvel élan gastronomique alliant chic parisien et cuisine équilibrée pour cette table gourmande. Invitée à dîner par mon amie Clélie, j’ai découvert un lieu d’exception marqué par une architecture d’intérieur spectaculaire.






Pénétrer au Klay, c’est un peu voyager à l’autre bout du monde sans quitter Paris. Véritable oasis urbaine évoquant l’Amérique du Sud, la terrasse sous verrière déploie une luxuriance végétale très tropicale. Bananiers, palmiers, cactus, fougères abondent dans un décor imaginé par Guillaume Demont, créateur floral et paysagiste de vingt-six ans qui officie sous le label Guillaume Le Jardinier. Les œuvres paysagères poétiques de ce jeune prodige laissent transparaître sa profonde vocation artistique. Lieu de vie au luxe sobre, la décoration de la terrasse ainsi que celle du restaurant ont été signées par Charlotte Biltgen, ex-directrice artistique du bureau d’India Mahdavi. Douceur de vivre, design élégant, convivialité, le Sinople est furieusement chic. Tables en marqueterie aux motifs géométrique blanc et vert, fauteuils en raphia et métal surmontés de coussins par l’éditeur italien Casamania, profonds canapés verts, le soir, le jardin d’hiver est illuminé par un système de LED. Ambiance tamisée romantique.  La partie restaurant, qui est également l’entrée du club de sport, a été conçue comme un lobby d’hôtel, un salon contemporain cosy. Lustre sur mesure dessiné pour le lieu, marbre, velours, au bar vaste comptoir de noyer rehaussé de laiton et derrière la pétulance de Pauline, barmaid formée auprès de Maxime Hoerth du Bristol.








Le Sinople propose une cuisine équilibrée et subtile, répartie entre une carte club très sportive pour les abonnés et une carte restaurant plus généreuse, resserrée sur quatre entrées, quatre plats, quatre desserts qui change chaque semaine. Le jeune chef Rémi Poulain a fait ses classes chez Alain Pégouret au Laurent, chez Cyril Lignac et à la Tour d’argent. Il travaille des produits de saison au gré de son inspiration. Ses fournisseurs, Odyssée Bleu pour le poisson, Metzger pour la viande, Terroir d’Avenir pour les fruits et légumes, visent l’excellence. Au déjeuner, le menu entrée, plat, dessert se fait tout doux à 30 euro tandis que les cinq plats du menu dégustation pour les gourmands sont présentés à 60 euro. Petits déjeuners, classique ou sans lactose, sans gluten, brunch healthy le week-end viennent compléter le tour d’horizon de ce très sérieux restaurant. Etonnant pour un club de sport. Pas n’importe lequel me répondrez vous.






Entrée emblématique, l’œuf parfait, crème de fèves, pleurotes, parmesan - 12 euro - cuit à 63°C est à la fois divinement gourmand et tout à fait décomplexant côté calories. Du goût, des textures intéressantes, l’assiette est joliment tournée, colorée, menée avec esprit. Cet œuf-ci mérite bien son nom. Clélie a choisi un tartare de daurade, mangue, avocat, radis noir - 13 euro. L’onctuosité de l’avocat soulignée par la touche sucrée de la mangue est relevée par le piquant frais du radis noir. Un tartare ultra-frais très inventif. J’en profite pour vous faire remarquer la vaisselle très épurée, dessinée par Piet Boon pour Serax. Le sens du détail.






La souris d’agneau, purée de pommes de terre, jus corsé - 23 euro - révèle une chaire confite moelleuse et délicate dressée dans une simplicité bienveillante. Belle évidence des saveurs et des produits travaillés avec soin. La purée maison est impeccable, ce qui est toujours de bon augure. De l’autre côté de la table, le plat de résistance a des accents méditerranéens, filet de bar, houmous, aubergine, citron confit - 25 euro. Une fois de plus le chef mise sur l’alliance de la gourmandise et de la diététique. La cuisine du Sinople, cadrée très healthy se décline avec sérénité, sans fioritures ni tralala.

Je ne vous parlerai pas du vin aujourd’hui, j’ai, semble-t-il, oublié de noter la référence ainsi que de prendre la bouteille en photo. Parfois, je n’ai plus toute ma tête. Je rajouterai tout de même un mot sur l’accueil charmant et les conseils avisés de notre serveur qui ont éclairé la soirée. Fait suffisamment rare dans un restaurant branché pour être souligné. En résumé, une belle expérience qui m’a donné une envie folle de tenter le brunch une prochaine fois.   

Sinople – Club Klay
4 bis rue Saint-Sauveur – Paris 2
Tél : 01 40 26 69 66 (réservations obligatoires)
Horaires :  Ouvert tous les jours, fermé le dimanche soir





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