mardi 13 octobre 2015

Cinéma : Sicario réalisé par Denis Villeneuve - Avec Emily Blunt, Benicio Del Toro - Par Sand



A la recherche de disparus, Kate, jeune agent du FBI émérite, va découvrir, non seulement que  la guerre des cartels de la drogue fait rage, mais qu’elle a passé les frontières mexicaines, pour s’installer, sereinement, sur le sol américain, à Phoenix. Recrutée par un groupe d’intervention d’agents du gouvernement, elle décide de fermer les yeux sur son idéalisme pour attaquer le mal à la racine. Mais jusqu’où pourra-t-elle aller sans trahir son sens de la justice ? Sans devenir comme ceux qu’elle traque ?






Ne faisons pas durer le suspens, c’est un sans faute. Réalisation et scénario sont, pour ainsi dire parfaits, sans ostentation ni effets poudre aux yeux. Brossé par quelques coups de pinceaux, de scènes, bien acérés, l’horreur et les dommages collatéraux du marché de la drogue, sont artistiquement dépeints par le réalisateur Denis Villeneuve (Prisoners, Enemy). 

Pas de solution miracle, contre la propagation de ce virus en poudre, simplement des stratagèmes chocs, savamment pensés, permettent d’asséner des coups qui portent vraiment, pour tenter de ralentir ce fléau, car comme le dit le personnage de Josh Brolin, tant qu’il y aura 20% de client d’américains consommant  de la drogue, il y aura toujours des vendeurs pour en fournir. Sans espoir de gagner cette guerre, mais armé d’une farouche volonté pour l’endiguer au maximum, le gouvernement américain, officieusement, est prêt à tout, même à verser le sang d’innocents.






L’arme fatale de l’équipe d’intervention, Alejandro, est interprété par le ténébreux, toujours aussi charismatique, Benicio Del Toro, diable ou démon, chacun jugera, il fait face à Kate, Emily Blunt, parfaite en farouche guerrière (un peu le même personnage qu’Edge of tomorrow).  Forte face à une criminalité « classique », Kate va cependant se fragiliser, devant l’horreur sans limite de cette guerre, où plus aucune règle n’existe, où le bon devient méchant et inversement, où même l’ami peut devenir un ennemi. Les rapports ambigus d’attraction-répulsion-fascination qu’elle entretient avec Alejandro, semblent faire écho à ce qu’elle ressent face à cette guerre : quel camp choisir ? Jusqu’au faut-il aller ?  «  Les lignes de la légalité ont reculés », mais faut-il pour autant perdre son âme, comme semble l’avoir fait Alejandro, pour pouvoir enfoncer les lignes ennemies ?




Servi par un casting exceptionnel, Sicario, sans révolutionner les codes du genre, est un excellent thriller, fin et intelligent, qui tient en haleine de bout en bout.  Avertissement : âmes trop sensibles s’abstenir, même si le film n’est pas trash, quelques scènes chocs peuvent secouer.

Sicario réalisé par Denis Villeneuve
Sortie le 7 octobre 2015
Avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin


Passionnée par le 7ème art, Sand est chroniqueuse cinéma pour le blog collaboratif Belle et Cultivée depuis près de trois ans. Vous pouvez la retrouver quotidiennement sur son fil Twitter. Appréciant aussi bien les films d'auteur que les blockbusters, elle porte un regard aigu et éclairé sur les productions actuelles. Verbe haut et plume acérée, ses chroniques sauront vous séduire par la qualité de leur analyse, leur bonne humeur contagieuse. Avec Sand, partage est le grand mot.






2 commentaires :

matchingpoints a dit…

Nous sommes d'accord avec vous - un bon film, classique dans son genre et bien servi par les acteurs - sauf pour cette violence insistante et lourde qui nous a dérangées et même mises mal à l'aise. Déjà le début du film démarre un peu trop dans le genre voyeurisme - la caméra reste sur les corps de grands moments. Dommage, parce que pour le reste, on se laisse prendre par l'intrigue et le suspens !

Lisa Giraud Taylor a dit…

Comme je voulais le voir... Maintenant, c'est l'urgence cinématographique de la semaine... Merci :)

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