vendredi 25 septembre 2015

Mes Adresses : Le Comptoir des Arts, bistronomie généreuse et bienveillante - 100 rue Monge - Paris 5



Rive gauche, quartier latin, au cœur du Paris des origines, fief de la tribu des Parisii où Lutèce vit le jour à l’ombre d’une colline qui ne s’appelait pas encore la montagne Sainte-Geneviève, dirigeons-nous vers la rue Monge pure création haussmannienne. Cette artère percée entre 1859 et 1864 sur le tracé d’une ancienne voie romaine permit de découvrir, en 1870, à l’occasion des travaux d’aménagement de la chaussée, les arènes de Lutèce datant du IIème siècle et que l’on croyait détruites de longue date. Au niveau du métro Censier Daubenton, une belle surprise bistronomique nous attend. Il s’agit du Comptoir des Arts, une ancienne institution fanée du quartier, reprise en avril 2014 par quatre compères, formés à l’école hôtelière Grégoire Ferrandi, qui lui ont redonné un sacré coup de jeune. En accord avec l’animation de la rue, cette vie parisienne trépidante, le nouveau restaurant tout en fraîcheur et dynamisme allie la convivialité des fervents de l’ovalie que sont les patrons François-Marie Chavance, Mikael Martin, Vincent Rouxel et Hugo Van Aelst à l’inventivité d’une cuisine généreuse et moderne.  








Au Comptoir des Arts, une partie brasserie au rez-de-chaussée avec une belle terrasse chauffée en hiver, des alcôves douillettement aménagées façon petits salons et au premier étage, plus intimiste, une ambiance restaurant à la décoration soignée comblent les desiderata de chacun. De nombreux événements viennent animer les lieux tels que concerts unplugged, afterworks ou retransmissions sportives. Du 18 septembre au 31 octobre, la Coupe du Monde de Rugby sera à l’honneur. L’happy hour de 17h à 20h, concernant cocktails et bière, s’accompagne d’assiettes de charcuterie, de fromage, et à partir de 18h dès l’ouverture des cuisines de tapas et grignotilles épatants qui se retrouvent à l’assiette en entrée.






Concoctée à partir de produits frais travaillés avec intelligence, cette bistronomie met en exergue le fait maison rondement mené où le tour de main maîtrisé le dispute à un savoir-faire traditionnel revisité. Le Comptoir des Arts, c’est l’esprit du goût. Salades légères, tartines gourmandes, plats terroir modernisés, suggestions du chef à l’ardoise, chaque proposition révèle un amour des saveurs justes et la générosité des assiettes. Le midi, la cuisine du marché se décline sur cinq plats et le soir, le dîner se place sous les auspices d’une carte de saison changeant tous les trois mois.






Se sacrifiant pour la cause, Izabel, qui m’accompagne ce soir-là, affronte bravement à ma place la carte des cocktails en tentant un surprenant Royal Candys - amaretto, grenadine, jus d’orange, jus de citron, champagne - 9,90 euro. Frais, pas trop sucré contrairement à ce que je craignais, ce drink pinkylicious joue la carte girly sans négliger l’équilibre des arômes. Très sympa ! Le chef nous accueille avec des mises en bouche d’une belle nature : foie gras mi-cuit maison sur toast, confiture de tomates au piment d’Espelette. L’heure est grave, il faut choisir le vin. Petits producteurs et domaines pointus sont à l’honneur et les conseils précieux. De bonne augure, une bouteille de Morgon vieilles vignes « Grand Cras » par Laurent Gauthier 2012 rejoint notre table. Velours pourpre, vin généreux de caractère, accents de cassis et de pivoine, il se révèle souple en attaque avec une belle matière, trame fine et distinguée. Un bonheur.









En entrée, j’attaque les hostilités avec un carpaccio de canard et chutney de mirabelle au poivre Timut - 8 euro. Les tuiles au sésame croustillent tandis que la mirabelle attendrit de son sucre une viande fondante et savoureuse. Du peps pour une assiette allègre. Ma comparse se laisse tenter par des bouchées de pomme de terre au comté et sauce barbecue - 6 euro- qui ont la bienveillance des pommes dauphines maison avec un supplément d’esprit. La suite ne déçoit pas. Au Comptoir des Arts, la recette du burger varie selon les saisons et à la faveur de l’automne, il se fait gourmand-gourmet avec une escalope de foie gras poêlée et de fines lamelles de truffe. Le Rossini’s burger des Arts, pain de chez Rachel’s, sauce truffée et frites maison persillée -28 euro- est drôlement malin voire même tout à fait canaille. La sauce est impeccable, la viande juteuse à souhait, les frites ont de la tenue, le tout est un bel exemple de la générosité qui anime le chef. Izabel mise sur un onglet de bœuf poêlé, jus maison, relevé au wasabi et purée aux oignons doux -19 euro- plein d’allant et d’appétit. 






Pour le dessert, l’une des spécialités me fait de l’œil. La tarte citron en verrine gourmande - 9 euro - évocatrice, voluptueuse, tentatrice se déploie dans la légèreté. Le fondant au chocolat noir Manjari Valrhona - 9 euro - serait, lui, plutôt langoureux avec ses puissants arômes de chocolats. Cuisine toute de bonté, la table du Comptoir des Arts séduit par son originalité, sa bienveillance. Une adresse épatante, courez-y !

Le Comptoir des Arts
100 rue Monge 75 005 Paris
Tél : 01 45 35 28 34
Horaires : tous les jours de 7h à minuit, 2h le week-end
Horaires du restaurant : du lundi au samedi de 12h à 15h et de 19h à 23h - le dimanche de 11h30 à 15h30 et de 19h à 23h


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