vendredi 4 septembre 2015

Mes Adresses : Brunch à L'Hôtel Particulier Montmartre - 23 avenue Junot - Paris 18



Au pied de la Butte, avenue Junot, au-delà d’une vaste grille noire, le long d’une allée privée reliquat du Maquis de Montmartre aimé des artistes, un petit chemin s’échappe jusqu’au rocher de la sorcière avant de s’effacer en une volée d’escalier. Après le terrain de pétanque datant du début du siècle dernier sur lequel s’échinent les boulistes montmartrois, une nouvelle grille, derrière laquelle loin du tumulte urbain et de la foule des touristes, un délicieux hôtel joue de ses mystères. Secret cultivé, discrétion assurée, passer les portes de l’Hôtel Particulier de Montmartre donne le sentiment de faire partie des privilégiés heureux. Sur un peu moins d’un hectare, un spectaculaire jardin privé, faussement sauvage, ombragé par de majestueux arbres, s’épanouit, temps suspendu comme sous le charme d’une enchanteresse. Buis et fougères abondants, lierre grimpant, les saisons ne dépouillent jamais tout à fait cette oasis verdoyante. Une petite ronde de pierre et de mousse, invitation à la flânerie, conduit aux différents bosquets étagés où des tables de jardin en fer forgé accueillent les visiteurs venus bruncher en ce superbe dimanche de fin d’été.








La belle demeure bourgeoise de style Directoire qui trône au centre de cet écrin de verdure a été construite en 1871 puis reconstruite en 1997 à la suite d’un incendie. Elle appartient alors à la famille Hermès mais est rachetée par un couple amoureux de Montmartre en 2007.  Tout d’abord maison d’hôte grand luxe, l’Hôtel Particulier ne devient tout à fait un hôtel que sous la direction confiée, en 2010, à Oscar Comtet, fils des propriétaires et jeune homme dynamique plein d’idées. Misant sur l’emplacement privilégié, il repense ce lieu intime tout en respectant l’esprit de l’histoire montmartroise. L’Hôtel Particulier compte cinq suites mises en scène par des artistes contemporains et trois salons.  Le nouveau bar ouvert en mars dernier, Le Très Particulier, dévoile des charmes irrésistibles. Pierre Lacroix, le décorateur, a repensé entièrement l’espace sous verrière façon jardin d’hiver, décoration tropicale alliant la pourpre des velours et la fantaisie du papier peint reproduction d’un tableau de Brueghel le Jeune.








Confidentiel, et pourtant sur toutes les lèvres, l’Hôtel Particulier est havre de paix follement désirable à la quiétude préservée. Pour dîner, bruncher ou prendre un verre les réservations sont obligatoires et pas toujours évidentes à obtenir. Depuis le printemps 2015, Thibaut Spiwack, chef épicurien qui a fait ses classes au George V ou encore au Jules Verne d’Alain Ducasse dirige les cuisines. Il y travaille des produits frais de saison et curiosité locale, les aromates du jardin de curé de l’hôtel, les légumes rares du mini-potager, le poulailler et les ruches dont Oscar Comtet est si fier.









Le brunch servi à table par une jeune femme charmante débute par des jus frais. Un smoothie concombre, melon, enfin surtout concombre, et un jus de pamplemousse. Pour la boisson chaude, le choix est vaste parmi les thés Mariage Frères. Les buns et croissants sont annoncés comme des créations de Gontran Charrier artisan-boulanger de Montmartre, ceci expliquant peut-être l’intrigant croissant pour deux… Scone thé matcha chocolat blanc plutôt gourmand pour débuter, brioche sucrée assez banale, pain tranché depuis trop longtemps et confitures Alain Millat - qu’on ne me laissera pas le temps de goûter. La brouillade de blanc d’œuf et jaune d’œuf parfait, est quant à elle tout à fait réussie. 






En plat principal, j’ai choisi un pan Bagnat au cœur de jambon de bœuf de Galice, riquette (forme sauvage de la roquette), oignon, miel, moutarde, qui se révèle décevant. Le bun coloré à l’encre de seiche, fausse bonne idée, est détrempé en dessous - par quoi, mystère - et presque rassis sur le dessus. Malgré une certaine bonne volonté, deux bouchées suffisent. Comme le pain précédemment cité, il a eu trop chaud. Dommage car la touche sucrée salée alliée aux oignons confits et au jambon était intéressante. Le bagel de saumon gravlax, tarama, pousses de blette, ne marquera pas non plus les esprits. 





Ce brunch se termine au pas de charge, avec une salade de fruits de saison, très fraîche mais sans surprise, une tartelette sablée abricot romarin manquant d’esprit et une lichette de brownie chocolat noir succulent. Les assiettes s’enchaînent parcimonieuses et il ne faut pas avoir le malheur de s’absenter pour faire des photos car elles repartent très vite sans avoir été terminées. Le service est aimable mais visiblement, on a hâte de nous voir circuler. Il ne faudrait pas que l’on s’attarde trop alors qu’il s’agit du deuxième service de 14h30. 

Un brunch décevant donc et l’impression d’avoir payé essentiellement pour le cadre. Qui est tout à fait ravissant, admettons-le. Nous étions d’autant plus désappointées que cela fait un certain temps que nous avions envie de venir. La prochaine fois, nous nous contenterons de prendre un verre en soirée.

23 avenue Junot, Pavillon D - Paris 18
Tél : 01 53 41 81 40
Brunch le samedi et le dimanche 12h30 ou 14h30 - 38 euro - 48 euro avec une coupe de champagne
Page Facebook

Rocher de la sorcière entre la rue Lepic et l'avenue Junot - Paris 18

6 commentaires :

Lili a dit…

Les photos restent appétissantes avant de dîner mais je retiens qu'il vaut mieux éviter le brunch !

glose a dit…

Je connaissais en mode soirée, en apero dînatoire, j'étais ravie. Tu nous évites une belle déception ...

Street-Art Shooteurs a dit…

Sympa le lieu, c'est très dépaysant.

AuroreInParis a dit…

Drolement cher ce brunch pour ce qu'il y a dedans. En revanche l'endroit es superbe !

Lulu from Montmartre a dit…

Et encore, tu as eu la chance de pouvoir réserver ! J'ai été récemment refoulée pou une réservation à 14h30 au moment où j'ai annoncé que nous serions 7, dont 3 enfants. "Ah non finalement je suis désolé nous sommes complets !". Comment dire que j'ai moyennement apprécié... L'endroit est exceptionnel, mais trop de gens sont déçus par le personnel et le brunch. Je n'ai donc jamais testé le fameux, par contre j'y avais dîné il y a deux ans et c'était très bien.

Caroline a dit…

@ Lili : Grosse déception, d'autant qu'on m'avait chanté les louanges du nouveau chef...

@ glose : Je pense que concernant le brunch, ils sont victimes de leur succès et font dans l'approximation pour parer à la demande.

@ Street-Art Shooteurs : C'est ravissant et le soir tout à fait romantique.

@ AuroreInParis : Déçue, déçue...

@ Lulu from Montmartre : Je tenterais bien une nuit en amoureux. Le concept des suites pensées par des artistes m'a toujours séduit.

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