vendredi 31 juillet 2015

Paris : L'Oiseau Lunaire de Joan Miró - 45 rue Blomet - XVème



Jardin paisible où cavalent les enfants du quartier, le square du 45-47 rue Blomet a été ouvert en 1969. Il déploie ses minces allées poudreuses rehaussées de verdure sur 4200 m2. Rebaptisé square de l’Oiseau Lunaire en juin 2010 en référence à la statue de bronze offerte à la Ville de Paris par Joan Miró et placée dans le parc en 1974. Par ce geste, l’artiste a voulu rendre hommage à son ami le poète Robert Desnos déporté par les Nazis en 1944 et mort du typhus, en juin 1945, un mois après la libération du  camp de Theresienstadt en Tchécoslovaquie. Bac à sable et aire de jeux ont remplacé une grande bâtisse ceignant une vaste cour arborée où naquit le surréalisme. Les anciens ateliers d’artistes détruits au début des années 50 racontent encore leur histoire à travers la sculpture intrigante qui amuse fort les gamins. 








C’est ici notamment, qu’à la fin du XIXème, Alfred Boucher rencontre Auguste Rodin. Lors de son second séjour à Paris en 1921, Joan Miró (1893-1983) peintre, sculpteur, céramiste, s’installe au 45 rue Blomet dans l’atelier du sculpteur Pablo Emilio Gargallo avant de déménager à Montmartre, rue Toularque en 1927. Lors de son troisième séjour, il établira son atelier à deux pas de son séjour précédent dans le XVème au 3 rue François Mouthon pour y demeurer jusqu’en 1932. En 1922, Max Jacob présente à Miró, André Masson, peintre et graveur, qui s’est installé au 45 rue Blomet avec sa femme. En 1926, Robert Desnos y prend ses quartiers. Il y restera jusqu’en 1930. Michel Leiris est un familier des lieux ainsi qu’Antonin Artaud. André Breton s’y fait plus rare. Jean Dubuffet, Elie Lascaux, Roland Tual, Georges Limbour, Evan Shipman fréquentent assidûment ce lieu cosmopolite qui marquera les débuts du surréalisme. 








L’Oiseau lunaire et son pendant l’Oiseau Solaire font partie d’une série qui durera jusqu’en 1968 que Joan Miró débute en 1966 dans son atelier de Palma de Majorque. Sculptures animalières fantastiques au modelé d’inspiration mythologique, chimères cornues chargées d’une puissance onirique, elles évoquent des figures presque humaines. Personnage hybride, l’Oiseau Lunaire revendique ses influences cosmiques où transparaissent des rigueurs asiatiques et des rondeurs africaines. S’inspirant des formes organiques de la nature, Miró imagine une créature à la fois vache aux longues oreilles, licorne doté des propriétés compactes de la tortue, volatile gratifié de la corne du rhinocéros. Le monde des oiseaux fait partie, depuis la série des Constellations, du bestiaire de l’artiste mais « Les oiseaux ne figurent en rien l'oiseau en vol ou susceptible de vol. Ce sont encore des figures à mi-chemin entre l'homme et un être plus svelte. Sortes de créatures androgynes, où les courbes flexibles et les jaillissements rigides s'épousent harmonieusement et étroitement. »

L’Oiseau Lunaire de Joan Miró
Square de l’Oiseau Lunaire
45-47 rue Blomet - Paris 15




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2 commentaires :

Sheily a dit…

Merci pour ce pan d'histoire que j'ignorais, alors que ce square reste l'un des plus chers à mon coeur...

Caroline a dit…

Je prépare en ce moment une série de billets sur le XVème. J'espère qu'ils te plairont. Je penserai fort à toi lors de la prochaine sortie bloguesque ;)

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