mercredi 15 avril 2015

Paris : Passage Verdeau, galeries d'art et librairies à couvert - IXème



Dernier tronçon de l’enfilade Panoramas, Jouffroy, le passage Verdeau a longtemps été délaissé par les flâneurs malgré son charme pittoresque, au profit de ses aînés. L’affluence générée par une annexe de l’hôtel Drouot installée en 1980 a relancé son activité. Nombreux antiquaires, galeristes, librairies ont rejoint les échoppes de cette galerie couverte où se pressent aujourd’hui amateurs d’art, chineurs, et collectionneurs. Pratiquement inchangé depuis son percement en 1847, il appartient au Ministère de la Culture et a été inscrit par arrêté du 7 juillet 1974 aux Monuments Historiques. Long de 75 mètres et large de 3,75 mètres, il appartient au réseau de ces promenades abritées des intempéries qui forment un maillage d’ilots fermés parallèle aux rues.









Construit par la même société que le passage Jouffroy (Jouffroy-Verdeau-Lefebvre)  qu’il prolonge au nord, il porte le nom du promoteur Jean-Baptiste-Ossian Verdeau également inventeur du système de location de linge aux restaurants et hôtels. L’architecte Jacques-Prosper Deschamps s’est inspiré du travail effectué sur le passage Jouffroy en y apportant une touche de néo-classicisme, très en vogue à l’époque. Les deux pilastres cannelés courant sur la façade donnent à l’entrée rue Grange-Batelière un caractère monumental. A l’intérieur, cécor épuré et disposition aérée s’allient à la modernité des colonnes de fonte et d’acier grimpant jusqu’aux combles vitrées qui supportent les poutrelles composées ou les poitrails des planchers afin de donner un sentiment d’espace. L’édification d’un deuxième niveau vitré aussi haut que le rez-de-chaussée amplifie la verticalité du passage. 








Le large lanterneau filant à double pente assure la ventilation tandis que la grande verrière autoportante en arête de poisson pourvoit une grande luminosité. Ses extrémités en ogive avec retour de profil soulignent l’harmonie de l’ensemble. La trame de façade ouverte permet aux boutiques de se doter de larges vitrines vitrées qui contraste lors de la construction du passage avec les arcanes délimitant les devantures classiques de l’époque. Les immeubles d’habitation érigés sur la même parcelle ont été dissociés des boutiques et séparés par une étroite cour privée parallèle, accessible au 13bis presque aussi longue que le passage lui-même.









Parmi les commerces du passage Verdeau, se trouve au n°6 librairie Roland Buret spécialisée dans la BD des années 50. En face, au numéro 7, le bien nommé Bistrot apporte une touche canaille très titi parisien à la galerie avec sa cuisine toute simple à goûter entre habitués et touristes en goguette. Au n°8 Le bonheur des Dames fait la joie des brodeuses, dentelières et autres tricoteuses. La librairie Santon, aux numéros 14 et 16, déploie une belle vitrine d’ouvrages reliés de cuir. La toute petite librairie Farfouille se trouve au n°2. Elle jouxte une belle boutique d’encadrement au n°29. Plus discret que les passages Jouffroy et des Panoramas, moins fréquenté, le passage Verdeau n’en recèle pas moins quelques trésors que les connaisseurs prendront plaisir à redécouvrir.

Passage Verdeau
6 rue de la Grange-Batelière - 31 bis du Faubourg - Paris 9

Bibliographie :
Les Passages Couverts - Lemoine B - AAVP
Passages Couverts Parisiens - Jean-Claude Delorme et Anne-Marie Dubois - Parigramme
Paris et ses passages couverts - Editions du Patrimoine, Centre des Musées Nationaux - Collection Itinéraires

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