samedi 19 avril 2014

Fashion Craving : Des perles, des légendes et des coups de cœur dans la boutique Mesenso



Disparitions mystérieuses, aventures rocambolesques, convoitise, malédiction même parfois, si de nombreuses pierres précieuses sont entrées dans la légende, pour avoir paré de leur éclat les grands seigneurs de jadis, les stars glamour d’hier et les célébrités d’aujourd’hui, les perles joyaux appréciés depuis l’Antiquité ne sont pas en reste. Quelques unes ont marqué la grande Histoire par leur destinée hors norme.

René Goscinny et Albert Uderzo qui émaillaient les aventures du gaulois moustachu de nombreuses références authentiques font allusion dans Astérix et Cléopâtre à l’étrange passion de la reine d’Egypte pour les perles au vinaigre. C’est dans l’encyclopédie Histoire Naturelle de Pline l’Ancien  datant du Ier siècle après Jésus Christ que l’on retrouve la clé de cette énigmatique expérience culinaire. Cléopâtre accueillant Marc-Antoine se voit reprocher le manque de magnificence de sa table. Voici comment elle réagit. 





« Chaque jour Antoine se rassasiait de repas splendides ; elle, avec l’orgueil et le faste dédaigneux d’une courtisane royale, rabaissait toute la somptuosité, tout l’appareil de ces festins. Antoine demanda ce qu’on pourrait ajouter à tant de magnificence : elle répondit qu’en un seul repas elle dépenserait 10 millions de sesterces. Antoine désirait apprendre comment, bien qu’il crût la chose impossible : on paria. Le lendemain, jour où devait se vider l’affaire, elle fit servir un repas magnifique, sans doute pour que la journée ne fût pas perdue, mais qui ne valait pas mieux que les repas ordinaires d’Antoine. Celui-ci plaisante, et demande le compte. Cléopâtre répond que ce n’est qu’un accessoire; elle ajoute que le repas coûtera le prix fixé, et que seule elle mangera les 10 millions de sesterces. Elle fait apporter le second service. Ses serviteurs, qui étaient dans le secret, ne placent devant elle qu’un vase plein de vinaigre, liquide dont la force dissolvante fond les perles. Elle portait en ce moment ces deux perles, chef-d’œuvre singulier de la nature, et véritablement sans pareil. Antoine examinait ce qu’elle allait faire : la reine en ôte une, la jette dans le vinaigre, la fait foudre, et l’avale. L. Plancus, juge du pari, mit la main sur l’autre au moment où elle se préparait à la dissoudre de la même façon, et déclara Antoine vaincu; présage que l’événement confirma. L’autre perle n’a pas une réputation moindre. Après la prise de cette reine, qui avait gagné un aussi grand pari, elle fut sciée en deux ; et de la moitié de leur souper on fit deux pendants d’oreilles pour la statue de Vénus dans le Panthéon, à Borne. »

— Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, livre IX, chapitre LVIII, traduction d'Émile Littré, 1848.

Cette chère Cléo avait décidemment de drôles de mœurs, Pline l’Ancien n’hésitant pas à la comparer à une hétaïre couronnée. 




Autre perle au destin tumultueux mais non moins fascinant, la Peregrina, la Vagabonde. Découverte par un esclave au milieu du XVIème siècle sur la côte de l’île de Santa Margarita dans le Golfe de Panama, sa taille exceptionnelle voire unique à l’époque - 50,56 carats - la rend célèbre immédiatement. Destinée à Rodolphe II de Habsbourg, grand collectionneur de gemmes, elle est cependant vendue à Philippe II d’Espagne. Il l’offre à sa fille Eugénie - et non à Marie Tudor d’Angleterre comme on le lit souvent. Ne tenant pas à ce qu’elle aille garnir les coffres d’une autre famille royale, il la récupère en 1588 lorsque la jeune fille se marrie. Pendant 250 ans, montée en broche avec l’un des plus gros diamants de l’époque l’Estanque - 48 carats, ça ne plaisante pas - la perle est conservée précieusement ornant les corsages de toutes les reines ibériques.

Lorsqu’en 1808, Napoléon crée son frère aîné Joseph Bonaparte roi de Naple et roi d’Espagne, elle est toujours là. Mais en 1812, ce dernier doit fuir son nouveau royaume, chassé par les insurgés et les royalistes. Il emporte avec lui quelques babioles de valeur empruntées aux joyaux de la Couronne espagnole dont la fameuse perle qui est alors surnommée la Peregrina. Après son décès en 1844, elle revient à son neveu Louis-Napoléon Bonaparte qui devient empereur des Français en 1852. Il revend alors la perle à James Hamilton premier duc d’Abercorn. Son épouse Louisa Hamilton manque de la perdre à deux reprises. Une première fois à Windsor et la seconde lors d’un bal à Buckingham. Elle retrouve sa propriétaire à chaque fois.







En 1969, la Reine des Perles est mise en vente chez Sotheby’s à Londres. C’est Richard Burton qui remporte les enchères devançant un membre de la famille d’Espagne. Il en fait cadeau à Elisabeth Taylor grande amoureuse de la haute joaillerie lors d’une Saint-Valentin célébrée au Caesar Palace de Las Vegas. Le collier sur lequel la perle est montée, trop fragile pour son poids, cède et Liz l’égare le jour même où elle le reçoit. Paniquée, elle retourne la suite où elle réside à sa recherche. Soudain, elle aperçoit son chiot chihuahua qui mâchouille un os. Point d’os pour le culotté cabot, c’est en fait la perle qu’il s’est mis en tête de ronger. Heureusement, la Peregrina n’est pas abîmée. Elizabeth Taylor confie ensuite la perle à Cartier afin qu’elle soit intégrée à une parure digne de son rang. Elle sera remise aux enchères le 13 décembre 2011 chez Christie’s et achetée pour 10 millions de dollars. Ce qui n’est pas sans rappeler les sesterces de Cléopâtre dont Liz fut l’inoubliable interprète dans le film éponyme de Mankiewicz. 





Les perles fines étant devenues tellement rares qu’elles ont inabordables pour le commun des mortels dont je fais partie, le génie de l’homme s’est mêlé du processus naturel qui donne naissance à ces merveilles. Aujourd’hui, les perles que le Coran décrit comme l’un des trésors du Paradis, parent les femmes du monde entier de leur éclat singulier grâce à la culture perlière. Symbole d’amour, de pureté mais également de fertilité, elles ornent le cou des bourgeoises rock chez Chanel, des élégantes chez Oscar de la Renta ou des icônes glamour sur tapis rouge. Les jeunes femmes les plus tendance se les sont appropriées dédramatisant leur image de luxe par des tenues casual. 

Perles d’Akoya au Japon, de Chine, des Mers du Sud ou de Tahiti, chacune possède une identité unique et originale. J’aime à l’occasion jouer sur le chic discrètement rétro façon années folles d’un sautoir en perles d’eau.  Mais en ce moment, j’ai un penchant plus qu’affirmé pour les perles polynésiennes cultivées sur les îles Cook et Micronésiennes à qui l’on prête des propriétés magiques. Leur gamme de couleurs remarquables du gris foncé presque noir au gris clair, irisations vert d’eau, bronze, reflets cuivrés, du brun au mordoré, plume de paon et aubergine en font les élues de mon coeur. 

Je vous ai fait une petite sélection de qualité à des prix très raisonnables dans une jolie boutique découverte récemment, spécialiste de la perle de culture, Mesenso. Et n'oubliez pas que fin mai, c'est la fête des mères. Vous trouverez forcément sur ce site votre bonheur pour combler votre maman ou vous faire plaisir !



Mesenso Fashion Collier perles de culture deTahiti gris-Tahiti spinelle env. 8 - 10 mm 299,00 €

Mesenso Fashion Collier perles de culture deTahiti gris-Tahiti spinelle env. 8 - 10 mm 249,00 €

Mesenso Gold Puces d'oreilles perles de culture de Tahiti gris-Tahiti env. 9 mm 398,00 €

Mesenso Gold Collier perles de cultures d'eau douce blanc env. 6 mm 159,00 € 

Mesenso Pure Pendentif argent Sterling perles de culture d'eau douce bleu foncé env. 10 mm (sans chaîne) 39,00 €



3 commentaires :

christine a dit…

Ce fût un vrai plaisir de relire ces histoires de perles.

Sheily a dit…

C'est passionnant. La perle addict que je suis est ravie.

Caroline a dit…

@ christine : J'en avais quelques autres en réserve mais j'étais partie pour écrire un roman à ce rythme ;)

@ Sheily : Merci. Ravie que ce billet t'ait plu !

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