mercredi 8 janvier 2014

Street Art : A Vitry-sur-Seine, l'art urbain joue les invités vedette

Nunca

Petite commune du Val de Marne, entre zones pavillonnaires et grands ensembles sociaux, Vitry-sur-Seine présente une architecture contrastée où les espaces verdoyants alternent avec de spectaculaires aires minérales très modernes. La Mairie a toujours valorisé le développement des arts et notamment de la culture urbaine favorisant les manifestations du mouvement hip hop aussi bien en organisant depuis les années 90 une Biennale de danse qu’en faisant construire un impressionnant skate park. L’implantation du Musée d’art contemporain, le Mac Val, en 2005 est un symbole fort de la politique culturelle de la municipalité en faveur de la création contemporaine. Petit à petit, les graffeurs encouragés à venir s’exprimer sur les murs de la cité grâce à la bienveillance des services publics et des bailleurs sociaux, ont transformé la ville en véritable musée à ciel ouvert. Bruno David directeur du service culturel souligne d’ailleurs que la ville est avec Grenoble la seule à appliquer une procédure qui impose aux maîtres d’œuvre publics de consacrer 1% du budget de la construction à la commande d’œuvres d’art.


Roa
Alice Pasquani
Alice Pasquani
Alice Pasquani
C215
C215
C215
Pixel Pancho
Pixel Pancho
Pixel Pancho


C215
En 2009, Christian Guémy alias C215 l’un des pionniers du street art à Vitry-sur-Seine - portrait complet ici - est contacté par la mairie afin de le soutenir dans son projet de revalorisation de la ville par l’art urbain. Alain Adoubert, le maire, met en place une charte de bonne conduite pour favoriser un développement harmonieux et met à disposition des murs afin que les graffeurs puissent s’exprimer. Soutenue par l’école d’art et la Sémise, chargée de projets d’aménagement, l’initiative prend rapidement de l’ampleur. Une forme d’institutionnalisation du mouvement qui pourrait paraître paradoxale mais nécessaire pour sa reconnaissance. Le marché de l'art à l'étroit dans son aire traditionnelle trouve une nouvelle dynamique à travers l'art urbain. Elargissement du champ d'intervention, hybridation du langage plastique font émerger de nouvelles disciplines et recomposent la notion de contemporanéité.



SteW
Borondo
Miette et Stoul
Stoul
SNIK
SNIK et Eta
Sly2
Sly2
Fin Dac et Guy Denning
Fin Dac


Fin Dac
Sous l’impulsion de C215, des graffeurs du monde entier, Brésil, Australie, Argentine, Canada, Angleterre, Italie, Etats-Unis, viennent chaque année visiter la commune pour y laisser une trace éphémère et célébrer la ville moderne. Carrefour des arts urbains au même titre que Berlin, Londres, Barcelone ou Paris, Vitry organise en parallèle de nombreux festivals et expositions. Infinité de supports, infinité de pratiques, l’art urbain s’intègre naturellement à l’aire de la cité lui redonnant sens et poésie. Une poésie de la furtivité et de l'impermanence. Symptôme des temps. Le street art procède d’une esthétique du surgissement visant à valoriser le cadre modifiant de façon radicale la géographie sensible de la ville. Art public, art contextuel, il s'adapte au milieu duquel il surgit. Intrusion dans le tissu du monde urbain volontairement accessible à tous, une exploration prolongée par une réflexion plus critique plus politique.





Claire Pinatel
EmilOne
Cristian Sonda
Kashink
Kashink et Indigo
Jimmy C
Jimmy C


Jimmy C
Aujourd’hui plus de 400 œuvres sont disséminées à travers la ville. Le mobilier urbain, boîte aux lettres, compteur EDF, portes de garage sont autant de surfaces revalorisées par l’intervention des artistes. A Vitry, pas de murs lépreux mais de superbes fresques monumentales que l’on découvre jusque dans les zones les moins fréquentées. En se promenant, il ne faut pas hésiter à dévier de l’axe principal qui va du RER B jusqu’à l’Hôtel de Ville, pour prolonger la visite jusqu’aux quartiers pavillonnaires via le passage Joliot-Curie entièrement investi et pousser un peu plus loin encore pour admirer les murs des cités adjacentes. Des places à l’architecture ingrate comme la place Jean Martin, la place Jean Vilar ou encore la cité Robespierre sont transfigurées par ce foisonnement créatif, offrant une lecture inédite de la ville, une vision originale de la mutation des lieux de vie.





Monsieur Chat
Joseph Loughborough
Epsylon Point
C215
C215
Yuri Romagnoli alias HOPNN
Gaia


David Walker
L’espace urbain esthétisé selon un angle inattendu permet au passant de poser un regard nouveau sur celui-ci. Un regard bienveillant. L’adhésion du public et le respect des habitants demeurent essentiels dans cette démarche. Un lien fort unit les artistes et les citadins, un lien social renforcé, une intensification culturelle qui profitent à tous. Et il faut bien avouer que les Vitriots ont l’air ravi puisqu’ils n’hésitent à s’improviser cicérones lorsqu’ils croisent par hasard une blogueuse APN au poing par exemple. On assiste d’ailleurs au développement d’une nouvelle forme de tourisme avec l’organisation de visites guidées. Le concept troupeau n'est pas tout à fait ma tasse de thé, se promener, se perdre et laisser faire le hasard reste ma technique d'approche préférée pour découvrir une ville. Cependant, je m'en veux d'avoir loupé le pochoir de la Vierge Marie réalisé par C215 sur l'une des portes de l'église Saint Germain de Vitry qui est de toute beauté d'après les clichés que j'ai pu trouver sur la Toile. Vous aurais-je convaincu de tenter l'aventure au delà du périphérique ? Vous ne le regretterez pas.

6 commentaires :

Lilaure a dit…

Et dire que j'ai habité dans la ville à côté pendant deux ans et que je n'ai jamais pris le temps de la visiter!
Merci pour cette belle balade :)

ioionette a dit…

Merci pour la découverte ! ça donne vraiment envie d'aller y faire un tour !

Du côté de chez Ma' a dit…

Si le périph parisien n'était pas si loin de chez moi, pour sûr que j'aurais envie de le passer ;-)

AsianGirl a dit…

J'habite cette ville depuis plus de 20 ans et je ne connais pas la moitié des oeuvres...

Caroline a dit…

@ Lilaure : Je t'en pris, tout le plaisir est pour moi.

@ ioionette : Je recommande la ballade à tous les amateurs de street art.

@ Du côté de chez Ma' : Les parisiens ont vraiment du mal à passer le périph alors que ce n'est pas loin au final. C'est psychologique je crois ha ha ha

@ AsianGirl : Les oeuvres se renouvellent très rapidement. On n'a pas toujours le temps de tout découvrir.

Jean-Charles a dit…

Il y a plus d'un que je ne suis pas allé ar là faire quelques photos mais ton article me pousse a y retourner.

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