lundi 2 décembre 2013

Lundi Librairie : Rome en un jour - Maria Pourchet



Marguerite a organisé un anniversaire surprise en plein mois de juin pour son conjoint Paul, né en février. Alors que les convives se retrouvent sur la terrasse d’un hôtel chic en attendant le héros de la soirée, la malheureuse instigatrice s'évertue désespérément de faire décoller son compagnon du canapé où il traîne en jogging douteux devant un match de foot. Ne voulant en aucun cas vendre la mèche, elle s’échine par tous les prétextes, à le motiver pour une sortie au débotté. Peine perdue. La situation dégénère, rancœurs diverses et animosités latentes prennent peu à peu le dessus jusqu’à la scène de ménage. Pendant ce temps, les invités marinant sur leur rooftop so trendy s’impatientent et révèlent leurs propres névroses à travers des saynètes très ordinaires, entre apartés navrantes et scènes classiques de vie mondaine assommante.

Tout le monde n’a pas le talent de Jaoui et Bacri. Maria Pourchet dans Rome en un jour nous le démontre avec brio. Elle tâche en vain de reproduire la subtilité corrosive des scènes d’intimité des deux auteurs/scénaristes. Le couple moderne, l’hypocrisie des relations humaines, les solitudes au sein du groupe autant de thèmes déjà visités avec infiniment plus de finesse et d’intelligence.

Ici, se trouvent une vingtaine de personnages à la vacuité latente, si peu étudiés, qu’ils en deviennent caricaturaux et de la caricature de la plus mauvaise eau. L’auteur s'efforce de combler ce vide psychologique à force de maniérisme et de grossiers clins d’œil appuyés concernant la parodique personnalité de chacun. Quel ennui ! C’est terriblement plat. Même le couple se déchirant en tête à tête qui devrait susciter l’empathie n’arrive qu’à provoquer l’agacement.

Dans une tentative ultime de séduction, tentative malheureuse de faire rire, c’est de l’humour grinçant, voyez-vous, c’est surtout de la soupe sans saveur qui est servi. Quand Maria Pourchet s’essaie à la stylistique son texte en devient tout à fait illisible. De formules sensées être drôles totalement loupées en scènes incongrues à la limite du ridicule, elle ajoute des dialogues sans relief, au mieux insipides au pire indigestes. Jusqu’à la chute finale, risible, rien ne nous sera épargné.

J’hésite. L’auteur a-t-elle voulu écrire un scénario en rêvant d’adaptation au cinéma ou la trame d’une pièce de théâtre dans le genre boulevard raté. La quatrième de couv’ nous promettait de rire à chaque page, il s’en est fallu de peu que je ne me déboîte la mâchoire à force de bâiller. Lu dans le cadre du match littéraire de Price Minister, ce roman n’aura trouvé qu’une seule grâce à mes yeux, celui d’être très court. Une heure de perdue tout de même.

Rome en un jour - Maria Pourchet - Editions Gallimard

2 commentaires :

Amélie a dit…

même point de vue, je me suis aussi beaucoup ennuyée à la lecture du bouquin ...

Julie Vattel-Adoni a dit…

Ah? beaucoup aimé ce livre, et même plus que le précédent (Avancez, chez Gallimard). Aucun rapport avec Jaoui bacri, bien d'accord mais dans l'ensemble on décèle plus de références littéraires que ciné non? Une écriture pas ordinaire, travaillée, rythmée ... agaçante pour certains manifestement;)
(mais je suis prof de lettres, j'avoue et plutôt à l'affût des textes qui se distinguent par le travail sur la langue, je trouve que celui-ci en fait indiscutablement partie). Effectivement, ce n'est pas une lecture aussi abordable qu'elle en a l'air. Presque étonnant que ce soit publié chez Gallimard, on verrait davantage ce texte dans des collections plus pointues ... Julie

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