mercredi 30 octobre 2013

Expo : Jana und JS - It doesn't matter who they are - Galerie Openspace



Le couple d'artistes franco-autrichien Jana und JS est de retour à Paris pour l'exposition "It doesn’t matter who they are" à la Galerie Openspace. L'occasion pour le street art de se trouver un toit temporaire. Jana et Jean Sébastien se rencontrent en 2004 à Madrid et débutent véritablement leur collaboration artistique à partir de 2007, sur les murs de Paris. Ils peaufinent leur technique mêlant photographie et pochoir auprès d’Artiste Ouvrier et du collectif WCA (Working Class Artist.) Mis à l’honneur lors de l’édition 2009 des Lézarts de la Bièvre, événement pour lequel ils réalisent une quarantaine d’interventions entre le 13ème et le 5ème, les parisiens découvrent avec grand intérêt leurs œuvres polychromes teintées de mélancolie. En 2011, la Mairie de Paris et la Galerie Itinerrance leur permet de s’exprimer à travers une double fresque monumentale que l’on peut toujours admirer rue Jeanne d’Arc dans le 13ème également.
 





Ils apportent une grande importance au fragment d’espace en amont de l’intervention. La réalité de la cité donne l’échantillon que les artistes vont retravailler, recombiner sans négliger un certain plaisir de subversion. Pratiquant un art contextuel par essence, Jana und JS trouvent leur inspiration dans la minéralité assumée de certains quartiers. A Paris, contrastes et diversité architecturale sont au centre de l’argument artistique. A l’origine, le couple crée un pochoir en s’inspirant de l’endroit, du lieu particulier où elle prendra place. L’intrusion du street artist dans le tissu du monde urbain implique à la fois une interaction directe avec la ville, source d’images, de formes, de mouvements et par extension d’idée et une intégration naturelle. En esthétisant selon un angle inattendu l’espace urbain, il impose de la forme libre sur de la forme imposée.







Dans les œuvres du binôme, œuvres d’une extrême minutie réalisées à partir de leurs photographies, des éléments récurrents, des motifs forts émergent tels que les immeubles et l’architecture, les fenêtres, l’appareil photo. Fascinés par l’utopie architecturale des années 60/70, à la fois graphique, minérale et synonyme d’un profond anonymat pour les habitants, Jana und JS s’interrogent sur la place laissée à l’humain dans ces structures gigantesques. Effet de reflet entre l’œuvre et son support, leurs pochoirs proposent une autre lecture de la ville sous forme de résistance au balisage généralisé ou de protestation contre les lieux d’attractivité conditionnée.




De la rue à la galerie, le street art sous-culture devenue mainstream est en quête de crédibilité, de légitimité. Il s’agit d’une intégration nécessaire pour la reconnaissance du mouvement dans laquelle la notion de clandestinité, la dimension éphémère des réalisations et le goût de l’intrusion s’effacent au profit d’autre chose. Les œuvres destinées à durer sont à la fois semblables et différentes ce qui évoque une certaine schizophrénie. Le travail d’hybridation tend à pluraliser les champs artistiques et mène à une invention de formes, une formalisation inédite de l’expression artistique. Jana und JS emploient de nouveaux supports, des objets de récupération qui évoquent la rue : morceau de bois, de palette, élément de portail en métal rouillé, encadrement de fenêtre, papier à musique. 




La série reconstitution de façade se penche plus avant sur la dimension architecturale de la ville. Structures en bois tridimensionnelles, ces réalisations de taille réduite sont composées de cubes imbriqués évoquant à la fois les jeux de construction et le champ affectif de l’enfance ainsi que la standardisation de l’habitat des citadins. Observation à travers un appareil photo, à travers une fenêtre, Jana und JS s’intéressent au regard porté sur le monde et développent une réflexion sur la perception individuelle de celui-ci. Tout en célébrant la cité moderne dont le couple se fait témoin des mutations, leur œuvre met cette expansion permanente en parallèle avec l’intimité des personnages dont les postures nous font pénétrer dans un univers très humain. Du tissu architectural au portrait, ce grand écart vertigineux donne une puissance singulière à leurs créations. Un pur moment d'émotion.



Exposition Jana und JS - It doesn’t matter who they are - Jusqu’au 9 novembre
Galerie Openspace
56, rue Alexandre Dumas - Paris 11
Tel : 09 80 66 63 94
Horaires d’ouverture : du mardi au samedi - 14h / 19h

6 commentaires :

Petite-Mam a dit…

Très beau !

christine a dit…

C'est dommage, je ne pourrais pas la voir.

Sheily a dit…

J'ai craqué pour une pièce...

Caroline a dit…

Laquelle ? Si j'avais les moyens en ce moment, je me laisserais très certainement tentée aussi.

Caroline a dit…

J'aime beaucoup leur univers.

Caroline a dit…

Petite expo mais très intéressante. Dommage en effet. :(

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