lundi 15 juillet 2013

Quatrième challenge littéraire : les finalistes, à vous de voter !

Choderlos de Laclos par Joseph Ducreux




Amoureux des belles lettres bonsoir !

Le jury du challenge de l'atelier d'écriture créative s'est réuni vendredi dernier. Nous tenons une fois de plus à remercier tous les participants dont l'enthousiasme et les plumes aussi variées que remarquables nous ont fait vibrer. Visiblement beaucoup d'entre vous sont déjà partis en vacances et les contributions furent peu nombreuses mais néanmoins d'une qualité rare. Les quatre membres du jury ayant chacun leur chouchou et donc ayant été dans l'incapacité de choisir trois textes parmi les quatre et afin d'éviter le déclenchement d'une guerre littéraire digne de la querelle des anciens et des modernes nous avons décidé de vous remettre la délicate mission du choix en propulsant au rang de finaliste les quatre glorieux participants de cette édition un peu particulière. Lecteurs à vous de jouer en votant pour votre favori.







1/ Vanessa Lepka de la boutique Les évanescentes créations : http://www.bijoux-romantiques-poetiques-baroques.com/



Hier encore nous nous aimions, hier encore nous dansions. Dans ma robe à sequin, j’étais la plus belle.  Des paillettes sur ma peau, de la sueur sur la tienne, nos deux corps pleins de vie s’enivraient de fox trot et de charleston. Dans ce salon nous étions les amants amoureux et j’aimais ça.  

Mais ce matin,  un mot. Une lettre. Des phrases  de toi lâchées sur du papier et déposées sur l’oreiller : « Je ne peu plus continuer. C’est fini. »

Ces mots courts je les attendais depuis longtemps. Ce ne fut pas une surprise juste un choc.  Un brutal retour à la réalité. Une sentence presqu’inévitable et que toutes les danses du monde ne pouvaient esquiver.

Aujourd’hui nous devions aller voir «  journal d’une fille perdue » , un film pas drôle, pas gai. L’histoire d’une fille brisée par les hommes même par ceux qui l’aiment.

Mais ce matin c’est moi qui suis brisée.

J’ai sangloté, crié, hurlé. Je t’ai maudit. Jai frappé  et cogné jusqu’à me faire saigner les mains et me casser deux doigts. J’ai regardé mon sang couler. J’ai regardé mon cœur se briser.

Maintenant J’écris. J’écris avec mes doigts cassés. J’écris car tu n’es pas là, plus là. Un « plus là » qui ne sera pas temporaire.  Un « plus là » qui sonne le glas de notre histoire, de nos baisers, de nos étreintes, de nos fous rires.

Je déteste ton coup de sabre dans notre histoire, tes mots tranchants et secs, ta façon de disparaitre pour toujours. Je t’en veux de me laisser là, errante au milieu de nos souvenirs, de m’abandonner à la vie et de quitter la mienne.

Tu es de ces hommes qui ne se retournent pas. Une fois le seuil franchi, la porte close, le passé disparait. Cet au revoir, ces mots crachés sur le papier est le dernier signe que  j’aurai de toi.

Je t’en veux.  Tu m’as hurlé ton amour, ton si grand amour, cet amour incroyable, sans bornes, sans limites, irréel presque magique. Tu m’as crié tes mots d’amours, ta passion, ton envie, tes désirs afin que j’y crois et te fasse confiance. T as juré, promis et pourtant un an après, tout est fini. 

Aujourd’hui ton amour semble n’avoir été qu’une flamme capricieuse, un de ces feux follets des marais qui ne durent qu’un instant.  Tu m’as promis une flamme éternelle et puissante, tu t’es vanté mais aujourd’hui à bout de souffle tu t’enfuis.

Tu en as eu marre d’attendre, de m’attendre. Mes baisers et mon amour n’ont pas réussi à te garder au près de moi plus longtemps  et je n’ai pas réussi à briser mes chaînes à temps pour te rejoindre et vivre notre amour au grand jour. Cette clandestinité, nos rencontres éphémères ont eu raison de nous. Je sais que tu ne supportais plus ces lieux de débauches pour nos rendez vous et que tu t’étais lassé de ces speakeasies malfamés et que même le Chumley’s à Greenwich village avait perdu de son charme à tes yeux.

Tu me voulais pour femme. Tu me voulais pour toi seul. Tu voulais une bague à mon doigt et des enfants qui serraient les tiens.

Tu ne voulais plus me partager. Tu ne voulais plus qu’un autre homme partage mon lit le soir et m’entretienne.

Tu voulais que les vêtements que je porte soient ceux que tu m’avais offert, que les bijoux à mon cou soient tes cadeaux, que mes bas tombent pour toi seul.

Et tout ça je le voulais aussi.

Ton mot glacial de ce matin à mis fin à tous mes espoirs et pour moi il n’y aura pas de fin heureuse. 
Sur l’oreiller ou allongé dans l’herbe tu m’as fait de nombreuses  confidences et maintenant je te connais. Je sais que tu vas quitter la ville ; que tu n’as pas le choix comme tu aimes à répéter et qu’i l t’es impossible d’agir autrement. A New York tout te rappellera notre histoire, notre amour, nos caresses, mon parfum, ma voix … Fuir sera donc ta solution. M’oublier ton salut.

 Peut-être qu’à l’heure où je t’écris tu as déjà embarqué à bord du Transatlantique en route pour la France, ce pays qui nous a tant fait fantasmer  et où nous rêvions de nous rendre ? Peut-être regardes-tu déjà les jambes d’une autre danseuse ? Tu tournes si facilement la page ! Demain, je sais, qu’à l’aide d’une volonté de fer tu effaceras jusqu’au moindre détail de mon existence et de notre amour et  qu’entre les cuisses d’une autre femme, tu t’épuiseras de plaisir jusqu’à oublier mon nom.  Je vais disparaitre remplacée par une autre passion, une autre obsession, un autre corps, un autre amour et toutes nos promesses d’enfants amoureux ne seront alors plus  que bruits dans le vent. Ton amour sera mort et tu seras libre.

Aujourd’hui avec mes doigts cassés, Je jette cette bouteille à la mer.

J’espère qu’un jour elle  atteindra  une côte française et que tu t’y trouveras. Tu l’as verra échoué sur la plage  et tu l’ouvriras et peut- être qu’un vent new yorkais rafraichira alors ton cœur et ta mémoire et que tout ce temps passé à tenter de m’oublier n’aura pas eu raison  de nous.  J’espère que l’envie de me revoir apparaitra et que sans passions, sans jalousie, sans possessivité, sans rancunes, sans haine, sans rancœurs juste avec amour tu entreras de nouveau dans ma vie m’acceptant comme je suis  ni plus ni moins  et qu’à nouveau l’on s’aimera.

Mon cœur bat,
Mon cœur t’aime
toujours





2/ Jean-Charles du blog Histoires et Nouvelles : http://hisvelles.wordpress.com/



Dieu que c’était dur cette séparation. J’ai dû tourner la tête sur le quai du métro pour ne pas courir vers toi. J’ai passé un weekend fabuleux et tu me manques déjà.


Je regarde les rues défiler sur cette ligne de métro aérienne sans les voir. Je ne pense qu’à toi. Avant c’était déjà ainsi mais là, c’est pire. Je ne vois pas les immeubles mais ton visage dessiné sur le carreau. Et ton corps en surimpression.


Ce corps que tu m’as offert est le plus beau cadeau que j’ai reçu jusqu’à maintenant. C’était fabuleux. Je fus sûrement maladroit mais tu es la première femme de ma vie. Je rigole quand je pense à l’hôtelière qui est venue frapper trois fois à la porte pour nous déloger ce midi.


Évidemment c’était difficile de quitter ce nid dans lequel nous avons franchi le pas. C’était inoubliable. Ma maladresse n’avait d’égale que mon envie. Je me suis trouvé tellement bête, tellement nul et j’ai même rougi lorsque tu as mis ta main sur moi et que je n’ai pas su me retenir. Tu regardais ta main souillée avec dégoût. C’était la première fois. Et nous avons fini par en rire.


Mais je me suis rattrapé, je crois. D’ailleurs je suis très échauffé par les frottements. Penser à toi ainsi me met dans une situation indescriptible. J’espère que d’ici la prochaine station mon corps sera détendu sinon je ne sais pas comment je pourrai me lever et prendre ma correspondance.


Ma station vient de passer, je n’étais pas en état de bouger. Je changerai ailleurs. Mais je suis obnubilé. Je t’aime je crois. J’espère que je n’étais pas trop rouge quand j’ai payé la chambre. L’hôtelière par deux fois m’a demandé si j’étais majeur, j’ai affirmé que oui. Heureusement qu’elle ne m’a pas réclamé ma carte d’identité. Du haut de mes dix-huit ans* je doutais de passer pour quelqu’un de plus de vingt et un ans.

À quatre heures hier, nous avons pris la chambre et nous ne l’avons pas quittée avant midi aujourd’hui. C’est vrai que je me suis jeté sur toi dès la porte refermée. Vrai que je t’aie embrassée à n’en plus finir d’ailleurs la salive nous coulait sur le menton. Je n’osais pas porter les mains sur toi malgré mon impatience. J’essayais de penser que je faisais une partie de Big Indian**, mon flipper préféré, pour tempérer mes ardeurs mais la sensualité de ce jeu ne faisait qu’en ajouter. J’étais tendu il faut le dire.


Tu veux une confidence qui va te faire sourire ? Toutes les nuits dernières j’ai piqué un soutien-gorge à ma sœur pour m’entraîner à défaire les agrafes. J’ai répété, répété inlassablement, caché sous les draps, pour avoir l’air d’un vieil habitué. Quant au bout de deux essais tu m’as dit : « Laisse je vais le défaire. » je me senti bien maladroit.


Heureusement que ta sœur a bien voulu t’emmener chez le gynéco pour que tu puisses prendre la pilule, sans cela je ne sais pas comment nous aurions pu nous donner l’un à l’autre, sans souci. Ma fébrilité n’ayant d’égale que mon inexpérience nous aurions été bien en peine. Tu m’as dit que tu avais mal aux seins et des nausées à cause de cette pilule***. Revois le gynéco, cette pilule n’est peut-être pas  très adaptée pour toi.


Te voir nue, te sentir nue contre moi était exceptionnel. Je regrette de n’avoir pas emmené mon réflex, d’autant plus que j’avais acheté deux pellicules Ilford HP5 pour te photographier mais tu n’as pas voulu. Pourtant, je développe moi-même le noir et blanc et j’aurais fait de toi ma playmate préférée.

Il faut que je revienne en arrière ou changer de ligne. Et dans ces longs couloirs de la station Montparnasse mon pantalon taille basse**** me rappelle qu’il est interdit de penser à toi dans des poses trop lascives. J’essaie de penser à des choses moins drôles comme cette longue séparation qui va s’installer pour les vacances.


Je t’aime. J’ai eu peur de le dire, je ne sais pas pourquoi. Enfin si, à entendre les autres se vanter de leur première fois, je n’étais pas très fier de moi. T’ai-je dit que tu étais belle, la plus belle ? Je t’ai regardée lorsque tu t’es assoupie cette nuit, tes longs cheveux étalés sur l’oreiller. J’ai soulevé le drap pour me repaître de toi. Quel corps magnifique. Tes petits seins regardaient le ciel. C’était juste somptueux. J’avais envie de crier comme Johnny l’an passé : « Que je t’aime, que je t’aime***** »


J’ai noté que ma mère me regardait drôlement ce soir comme si elle constatait un changement, elle me détaillait  bizarrement, j’en étais gêné.


Quand je pense que samedi prochain tu partiras en vacances, ce sera un mois interminable. Y survivrais-je ? Je sais que ce que tu m’as offert est le plus beau cadeau du monde ? Pardonne ma fébrilité. Chaque jour comme chaque nuit tu seras l’objet de mes pensées, mon cœur ne battra que pour toi.

Je suis jaloux, de ceux qui te regarderont sur la plage, de ceux qui de leurs yeux envieux caresseront ton corps sans que tu le saches. Je suis jaloux, du temps qui va nous séparer.


Je t’écrirai chaque jour Élise et mon imagination ne me fera pas défaut. Je pianoterai sur ton corps avec délicatesse, avec désinvolture je te dirai : « L’amour physique est sans issue.****** »


*  En 1970 la majorité est à 21 ans, elle sera ramenée à 18 ans le 5 juillet 1974.

** Le Big Indian est un flipper commercialisé par Gottlieb.

*** C’est en 1967 que la loi Neuwirth autorise la pilule en France.

**** Le pantalon taille basse fait son apparition dans les années 1970.

***** « Que je t’aime » est une chanson de Johnny l’année 1969 : « Quand tes cheveux s’étalent, comme un soleil d’été, et que ton oreiller, ressemble aux champs de blé… »

****** « Je t’aime moi non plus » de Serge Gainsbourg chanté avec Jane Birkin : « L’amour physique est sans issue, Je vais et je viens, Entre tes reins… »







3/ Sand Webique du blog Glanerie Moderne : http://glanerie-moderne.tumblr.com/



Cher Toi,

Là où je vais tu n’iras pas.

Je pars de l’autre côté de l’océan découvrir si les indiens sont mieux plumés que Joséphine et Mistinguette réunies. J’embarque mes passions à bord d’un transatlantique. Le Nouveau Monde verra bien comment je nage à contrecourant.

Et toi, tu as peur des nouvelles peaux, du bateau et de l’eau.

Là où tu es, je ne resterai pas.

Ici la génération perdue subit Paris pour s’abimer. La Rotonde passive attend que les aventures viennent à elle. Les jours se suivent en Soixante-dix-huit tours sur le même phonographe usé.

Et toi, tu as perdu le rythme dans le ronron d’un air éculé, d’une chanson oubliée, d’un Maurice Chevalier.

Là où je rêve tu n’es pas.

Je veux les lendemains libérés, le progrès en marche, les réussites à porter d’espoir.

Et toi, tu préfères une famille de soumission, une femme à la maison, des enfants à foison.

Alors, comme en cas d’absence, je ne suis pas là : Là où tu restes, ce sera sans moi.

Moi.






4/ Rachel du blog My Blog So Chou : http://www.myblog-so-chou.net/



Mon amour 2.0,


Une fois n’est pas coutume, ce soir tu ne verras pas mon hologramme. Je ne pourrai plus tromper longtemps la perspicacité de ce thermo-cardiographe qui ne manquera pas de démasquer l’emballement de mon cœur et la chaleur qui m’envahit à chaque fois que tu me souris ou que tu me parles.


J’ai choisi exprès de t’adresser une lettre, un moyen de communication certes archaïque et obsolète, mais qui reflète tout à fait ce que j’ai à dire et comment je veux te le dire.  Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si j’ai choisi de te l’envoyer par une capsule spatiale qui voguera à travers les galaxies et te parviendra peut-être dans un jour, dans un mois, dans un an, ou jamais…


Notre histoire est née et a grandi dans le virtuel, le sentiment d’attachement que j’éprouve pour toi et que je pense réciproque est pourtant tout ce qu’il y a de plus réel, aussi réel que cette lettre que je m’apprête à t’envoyer.


Mon amour pour toi a poussé petit à petit, arrosé par ces baisers dont tu as le secret… J’ai mis du temps à  m’apercevoir que tu étais exactement l’homme qu’il me fallait, avec tes défauts et tes qualités. Moi la femme amoureuse de liberté n’a jamais été aussi heureuse que lovée tout contre toi, prisonnière de tes bras.


Chaque fois que nous sommes ensemble, je sens en moi ce cri qui n’a qu’une envie : transpercer ma poitrine et t’éclabousser à coup de « Je t’aime ».  Mais jamais il n’a franchi mes lèvres, car pour toi l’amour est synonyme de cage et de prison. J’essaie patiemment, tendrement de venir à bout de ton angoisse, de panser cette blessure qui te rend méfiant et t’empêche d’être heureux. Si l’amour devait être une cage, je te promets d’en laisser la porte ouverte et de te confier la clé, celle que je t’ai donnée le jour où tu es entré dans ma vie.


En m’ouvrant ainsi à toi, je risque de te faire fuir, toi l’animal effarouché, l’éclopé de la vie qui ne veut plus s’attacher, qui ne veut plus aimer. Tant pis, aujourd’hui ce risque je le prends, telle une chrysalide qui met sa vie en péril pour percer son cocon et permettre au papillon de s’épanouir au grand jour.

S’il te plaît, laisse-moi t’aimer, laisse-moi te prouver que l’amour peut guérir et donner des ailes,  laisse-moi te rendre heureux, laisse-moi ôter de ton regard ce voile de tristesse et illuminer tes yeux de sourire.


Abandonnons nos avatars, quittons ce monde virtuel et rendons réelle notre histoire. Peu importe, qu’on choisisse d’habiter sur Mars ou Vénus, je te suivrai. Toi, mon amour…

 Pour voter, deux solutions.

- sur le blog : répondre au sondage situé dans la barre à droite

- sur la page Facebook : liker / aimer la photo de votre finaliste préféré dans l’album 4ème challenge littéraire
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.498489756886735.1073741827.180087078727006&type=3&uploaded=4



Félicitation à ces belles plumes qui nous ont donnés beaucoup de plaisir ! Je vous souhaite une très bonne chance et bon vote à nos lecteurs vous avez plus d'une semaine, jusqu'au lundi 22 juillet 23h59 ! 

Petit rappel :
les explications du challenge :


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