lundi 10 juin 2013

Lundi Librairie : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt



Jocelyne Guerbette, 47 ans, mercière à Arras voulait devenir styliste à Paris. A la mort de sa mère, suivie deux ans plus tard par l’AVC de son père qui l’a laissé handicapé, elle a renoncé à ses rêves. A la place du prince charmant, elle a épousé Jocelyn ouvrier sans relief, rustique, plutôt débonnaire. Mais Jocelyn est devenu cruel, violent même, à la suite de la perte d’un enfant mort né, la rendant responsable de ce drame intime. Le deuil de cette petite fille a fragilisé le couple. Cependant, la patience et l’amour de la généreuse mercière ont eu raison de la méchanceté du mari. Ils vivent une petite vie sans prétention, sans grande passion, dans une relative sérénité, entourés par leurs deux grands adolescents. Jocelyne, femme mûre au tempérament solitaire n’a que deux amies, des jumelles qui tiennent le salon de beauté du quartier et qui jouent toutes les semaines au Loto, fantasmant sur ce que l’aisance matérielle pourrait apporter à leurs existences.  Un jour, elles convainquent Jocelyne de valider un billet système flash. Et contre toute attente, elle remporte la cagnotte de l’Euromillions. Effrayée par les conséquences que pourraient avoir sur son modeste bonheur ce soudain afflux d’argent, elle  n’encaisse pas son gain et ne dit rien à personne se contenant de rédiger des listes de ses besoins, ses envies.

Dans ce court roman au style élémentaire, pas désagréable au final, Grégoire Delacourt nous explique en gros que l’argent ne fait pas le bonheur. Leçon de morale bon marché qui nous encourage à reconsidérer les  "vraies" valeurs et qui exalte des notions vaguement réacs n’hésitant pas à multiplier les clichés sur le bonheur du foyer, l’amour conjugal et la vie en province. L’auteur déploie beaucoup d’efforts pour rendre sa mercière attachante, sympathique et cela se voit. Il nous livre une héroïne peu crédible dans sa simplicité trop étudiée. Ce texte nous parle d’amour, d’argent, de mensonges, de trahisons sous la forme d’un conte pour adultes peuplé de petites gens au cœur d’or, un conte bien tiède, sans aspérités réelles. 

Les passages travaillés de sorte à viser l’émotion font douter de la sincérité du romancier distillant tout au long de son ouvrage une bonne dose de pathos, de sentimentalité plutôt indigeste. Cet éloge un chouilla condescendant de la banalité, du bonheur dans le renoncement prend la forme d’une apologie du manque d’imagination et d’ambition qui confine à l’indigence intellectuelle.

La liste de mes envies est un livre pansement, un livre feel-good, plein de bons sentiments à l'eau de rose. Grégoire Delacourt cherche à nous faire découvrir une forme de poésie dans la médiocrité. Se contenter de ce que l’on a pour être heureux, vivre modestement dans la résignation apaisée serait la voie de la félicité. Un texte formaté pour plaire, sans prétention si ce n’est celle de satisfaire un public précis, la fameuse ménagère de moins de 50 ans ciblée par la publicité dont l’auteur est issu.

La liste de mes envies de Grégoire Delacourt - Editions JC Lattès - Collection de poche Le Livre de Poche
 

2 commentaires :

Anonyme a dit…

J'ai bien aimé ce petit roman qui se lit en peu de temps.
C'est une petite histoire qui nous met face à la valeur de l'argent dans notre société.
Rita Prov.Québec, Canada

Avis de lecture a dit…

Contrairement au commentaire précédent je n'ai pas vraiment aimé ce roman, certes il se lit bien mais le roman est un peu lent à mon goût

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