lundi 27 mai 2013

Lundi Librairie : Les bonbons chinois de Mian Mian



Au début des Bonbons Chinois, la narratrice Xiao Hong n’a pas 18 ans lorsque sa meilleure amie s’ouvre les veines. Profondément traumatisée, l’adolescente quitte le lycée se réfugie dans le chocolat et part suivre une formation de chanteuse dans une troupe de jeunes artistes. Lors d’une tournée loin de sa famille, elle poignarde un agresseur qui en réchappe, échoue en prison dont elle est libérée rapidement. Devenue chanteuse dans des cabarets à entraîneuses, elle rencontre Saining guitariste de rock, sensible et fragile comme elle. Ensemble, ils sortent tous les soirs de raves parties en boîtes glauques, de bars sinistres en concerts de rock. Des nuits où règnent la prostitution et la drogue. Ils plongent petit à petit dans l’alcool et l’héroïne. Descente aux enfers en marge de la société, portrait d’une jeunesse nihiliste qui se laisse entretenir par des parents aisés et refuse toute responsabilité.

Mian Mian et sa narratrice, un double troublant, décrivent le naufrage d’une certaine jeunesse post-maoïste, celle de Den Xiaoping, une génération perdue dont l’auteur dresse un portrait acide et sans complaisance. Les protagonistes dérivent entre Shanghai, Shenzhen et Pékin sur fond de sexe, drogue et musique, dans une quête d’amour désespérée, une quête de soi. Elle évoque cette fureur de vivre avec la poésie du désespoir, alternant les descriptions très crues d’une rare violence émotionnelle et des passages au lyrisme délicat, exaltant le contraste entre une écriture translucide, fragile et le propos d’une rare brutalité. Le texte fluide empreint d’une sensibilité à fleur de peau, d’une tendresse émouvante est d’une modernité puissante.

Livre charnel et poétique qui exalte la pureté sensuelle de l’amour, étrange roman d’amour dans lequel où que se pose le regard affleure un désespoir profond, Les bonbons chinois évoque les milieux underground pour mieux capter l’essence du mal-être existentiel de cette jeunesse chinoise désenchantée. Le tableau criant de réalisme, portrait désabusé, sonne comme la confession poignante d’une génération à laquelle Mian Mian prête sa voix, un témoignage à la fois douloureux et léger, sordide et lumineux.

Les bonbons chinois de Mian Mian - Traduit du chinois par Sylvie Gentil - Editions de L’Olivier - Collection de poche Points



4 commentaires :

Jean-Charles a dit…

C'est un livre que j'ai lu ais sans jamais rentré dedans, je suis resté en marge, allez savoir pourquoi !

Caroline a dit…

J'ai lu un certain nombre de critiques acerbes concernant ce livre. Et d'autres dithyrambiques. L'univers est particulier, la plume singulière, je comprends tout à fait que l'on puisse ne pas accrocher.

Nyx a dit…

Un livre qui m'a profondément émue pour ma part ! Il faut s'accrocher toutefois, c'est loin d'être gai...

christine a dit…

Je suis curieuse, j'ai bien envie de le lire.

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